Renégociation des contrats miniers : Moubarack Lo appelle à “remettre à plat” certaines pratiques
La renégociation des contrats dans les secteurs minier et extractif est, pour l’économiste Moubarack Lo, une étape nécessaire pour rétablir l’équilibre entre les intérêts des entreprises et ceux de l’État.
Invité du "Grand Jury" de ce dimanche 15 mars sur la RFM, l'ancien directeur général du Bureau de prospective économique logée à la primature a salué un « exercice de transparence » du gouvernement tout en plaidant pour une remise en question de certaines pratiques qu’il juge défavorables au Sénégal.
« Il n’est pas normal que les Sénégalais ne bénéficient pas comme il se doit de leur patrimoine et de leurs actifs », a-t-il affirmé, dénonçant un système où l’État supporte parfois les pertes pendant que les bénéfices profitent à d’autres acteurs.
En effet, pour le statisticien, la renégociation des contrats doit permettre de corriger des déséquilibres qui ont parfois empêché le pays de tirer pleinement profit de ses ressources. Moubarack Lo insiste en ce sens sur la nécessité d’une gestion rigoureuse de la chose publique afin que les richesses nationales bénéficient d’abord aux Sénégalais.
Ainsi, M. Lo évoque la nécessité d’une forme de « réinitialisation » de certaines pratiques économiques. Il estime néanmoins que plusieurs mécanismes doivent être revus en profondeur. « Il faut remettre à plat tout ce qui ne marche pas et redémarrer sur de nouvelles bases », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, Moubarack Lo estime que l’argument de la création d’emplois avancé par les entreprises concernées pour défendre leurs avantages contractuels ne peut suffire à justifier des pertes importantes pour la collectivité.
« Chaque fois que vous interpellez une entreprise protégée, son premier réflexe est de dire qu’elle crée des milliers d’emplois », a-t-il expliqué, avant de poursuivre qu’il faut comparer ces retombées avec ce que la société peut perdre. Ce qui peut représenter « parfois, des centaines de milliards de francs CFA ».
Pour l’économiste, le débat doit donc être posé en termes d’analyse coût-bénéfice pour l’ensemble de la société. Si les pertes pour l’État dépassent largement les gains économiques générés par ces entreprises, la renégociation devient, selon lui, non seulement légitime, mais nécessaire.
Pour rappel, le Premier ministre Ousmane Sonko, en conférence de presse le jeudi 12 mars 2026, a annoncé que le gouvernement a lancé un vaste examen des conventions dans plusieurs secteurs stratégiques – mines, hydrocarbures ou cimenteries – afin d’identifier les pertes subies par l’État et renégocier les accords jugés défavorables. Les autorités estiment notamment que certaines conventions minières auraient entraîné un manque à gagner de plus de 1 075 milliards de francs CFA pour le Sénégal.
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