Le jour suivant (jeudi), le même compte publie une image montrant plusieurs cadavres recouverts de sable en imputant la responsabilité de cette découverte macabre à l’armée française. Le même jour, dans la soirée, Dia Diarra dévoile une vidéo de 14 secondes où l’on voit des dépouilles ensevelies dans le sable et en prêtant l’oreille, on peut entendre les voix de deux personnes discutant en Bambara.
Une découverte que l’Etat-Major général des armées du Mali a commentée à travers un communiqué rendu public ce vendredi. L’autorité malienne explique qu’à la suite de la cérémonie de rétrocession, des unités des FAMa auraient été déployées sur les lieux pour une reconnaissance. « C’est au cours de cette sortie que ladite patrouille a découvert ce charnier », précise la note. Le communiqué précise, par ailleurs, que le Ministère de la défense du Mali a été saisi pour l’ouverture d’une enquête sur cette affaire.
L’armée française rejette ces allégations et accusent Wagner de désinformation
« Nous avons fait notre travail correctement et ne pourrons pas être attaqués de manière malhonnête », déclarait le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l'État-major français en faisant allusion à des possibles attaques informationnelles que les forces Barkhane pourraient subir dans le but de les discréditer après leur départ. Une hypothèse qui semble se concrétiser. Réagissant aux accusations, l’armée française a décidé de déroger à la règle en divulguant, ce vendredi 22 avril, les images d’un capteur de renseignements aérien placé au-dessus de la base suite à leur départ.
Ces images montrent, au lendemain de leur départ, des véhicules des Forces Armées maliennes (FAMa) entrer et sortir de la base en compagnie, indique l’armée française, de soldats du groupe Wagner. Ces hommes auraient passé la nuit sur les lieux, plus précisément à 3,5 kilomètres du camp de Gossi. Une venue qui coïnciderait avec le premier tweet de Dia Diarra évoqué plus haut. En ce qui concerne la vidéo publiée par ce dernier dans laquelle on voit des cadavres ensevelis dans le sable, les images dévoilées par l’armée française montrent qu’il s’agit de soldats « blancs » (vraisemblablement des hommes Wagner) filmant la scène aux côtés d’autres soldats dont des maliens qui se chargeaient de recouvrir les dépouilles. Quant au compte Dia Diarra, il s’agirait, selon l’armée française, d’un faux compte créé en début d’année 2022. L’homme qui se décrit comme un ancien militaire aurait utilisé une image d’un colombien comme photo de profil avant de le remplacer par une photo d’Assimi Goïta, Président de la transition malienne. A l’heure où sont écrites ces lignes, ce compte n’existe plus. Une affaire qui va davantage envenimer les relations entre le Mali et la France.
Commentaires (1)
Personnellement je m'attendais depuis l'annonce du depart de la Force Barkane qu'on aurait droit à une série d'infox pour influencer l'opinion publique et faire dans la désinformation. Les photos prises lors du bombardement de Bounti ne pouvaient être transmise à la commission d'enquête des Nations unies parce que classées "Secrets défense " ,alors que celles de Gossi l'ont été avec une célérité qui a étonné plus d'un !
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