Guinée-Bissau : La LGDH alerte sur les manquements persistants en éducation, santé et justice
La Guinée-Bissau reste confrontée à de graves insuffisances dans la garantie des droits fondamentaux. La Ligue guinéenne des Droits de l’homme (LGDH), à travers son président Bubacar Turé, a présenté le rapport 2025-2026 de l’Observatoire des Droits de l’homme, révélant des inégalités profondes dans l’accès aux services essentiels.
Un constat alarmant sur les droits sociaux
Dans le domaine de l’éducation, le rapport souligne des taux élevés d’abandon scolaire, des infrastructures délabrées et un manque criant d’enseignants qualifiés. « Il y a encore des enfants qui quittent l’école prématurément », a rappelé M. Turé, insistant sur l’urgence d’une réforme.
En matière de santé, les difficultés d’accès aux soins sont particulièrement marquées pour les femmes et les enfants. Les unités de santé souffrent de pénuries de médicaments et de personnel, ce qui fragilise la prise en charge des populations vulnérables. Turé a dénoncé « les grandes difficultés rencontrées par les femmes pour accéder aux soins ».
Concernant la justice, les retards dans les procédures judiciaires et les conditions de détention jugées alarmantes suscitent de vives inquiétudes. Les prisons ne respectent pas les standards internationaux et la discrimination persiste dans l’accès aux droits. « Des citoyens privés de liberté vivent dans des conditions qui suscitent de vives inquiétudes », a affirmé le président de la LGDH.
Ces constats, selon lui, montrent que « la dignité dont rêvait Amílcar Cabral est encore loin d’être une réalité » pour de nombreux Bissau-Guinéens.
Un appel à la gouvernance et au dialogue
Le rapport, soutenu par l’Union européenne, invite à transformer ces indicateurs en instruments de gouvernance démocratique. Turé a insisté : « Elles ne doivent pas alimenter les polémiques, mais renforcer la responsabilité des institutions et garantir une éducation de qualité, l’accès aux soins, à l’eau potable, à l’assainissement et l’égalité des chances. »
De son côté, l’ambassadeur de l’UE en Guinée-Bissau, Federico Bianchi Di Montano Antila, a averti que la protection des droits humains ne peut se limiter à des discours. « Il est nécessaire de les surveiller et de les évaluer rigoureusement».
Il a mis en lumière les discriminations persistantes, les faiblesses dans la protection des femmes et des enfants, ainsi que les inégalités d’accès à la justice.
Le rapport appelle ainsi à un dialogue inclusif entre l’État, la société civile, les partenaires au développement et les communautés, afin de bâtir une gouvernance capable de réduire les inégalités et de garantir les droits fondamentaux.
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