[Billet d’humour] Diomaye Président : Mbour, le test qui interroge
À Mbour, ce week-end, la coalition “Diomaye Président” voulait surtout envoyer un message : montrer qu’elle existe politiquement en dehors de Pastef. Une manière élégante de dire à l’opinion : “Nous aussi, nous avons des militants, des responsables, des cars de transport… et même des tee-shirts imprimés.” Car au Sénégal, dès qu’une coalition organise un meeting, ce n’est jamais juste une manifestation ; c’est un test ADN politique.
Heureusement pour lui, le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas fait le déplacement. Il a préféré envoyer une vidéo. Visionnaire ! Car quand le terrain devient glissant, mieux vaut rester dans l’écran. Au moins, dans une vidéo, personne ne peut filmer les trous dans la foule.
Le plus ironique dans cette affaire, c’est qu’on voulait rendre hommage à Diomaye… mais le meeting a fini par s’imposer comme une démonstration politique qui dépasse largement son cadre initial. Oui, parce qu’en politique sénégalaise, il y a des rassemblements qui chauffent les cœurs, et d’autres qui chauffent seulement les thiakry sous la tente VIP.
Certains remplissent les avenues ; d'autres les listes de protocole.
Cette rencontre a surtout rappelé une vérité brutale. Les maires et les élus locaux ne sont pas des applications qu’on télécharge pour obtenir automatiquement une légitimité politique solide. Avoir des responsables politiques sans base militante, c’est comme avoir un car rapide sans moteur : beaucoup de bruit, mais personne n’arrive à Dakar.
Et puis il y avait ce parfum de recyclage politique. On a vu défiler des visages qui ont survécu à Abdou Diouf, traversé Wade, résisté à Macky Sall… et qui veulent maintenant renaître avec Diomaye. Au Sénégal, certains hommes politiques ne prennent jamais leur retraite ; ils changent juste de boubou et de slogan.
Pour dire que même si le Président Diomaye Faye n’a pas encore clairement affirmé son intention de briguer à nouveau le suffrage des Sénégalais, si tel devait être le cas, il lui faudrait impérativement négocier avec son “frère” et Premier ministre Ousmane Sonko, et ce, sous la bannière de Pastef.
Le problème, c’est que le peuple sénégalais aime le neuf, ou au moins le neuf qui fait semblant d’être neuf. Or, quand un meeting ressemble à une réunion d’anciens combattants venus réclamer leurs souvenirs de campagne, la jeunesse regarde ailleurs… souvent du côté de celui qui sait encore transformer une simple caravane en raz-de-marée populaire.
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