ET L’ARBITRE SUPREME RENDIT SA SENTENCE (par François Mame Samba NDIAYE)
Il est des matchs qui dépassent le simple cadre du sport pour s’ériger en parabole. La finale opposant le Maroc au Sénégal n’a pas seulement couronné un vainqueur. Elle a exposé à ciel ouvert l’éternel duel entre la noblesse du jeu et les tentations de la tricherie, entre l’éthique sportive et les artifices de la ruse. Sur cette pelouse du Stade de Rabat, plus que des joueurs, ce sont des valeurs qui se sont affrontées.
Le football, dans son essence la plus pure, est une liturgie populaire. Il obéit à des règles simples, universelles, acceptées par tous. Il exige effort, sacrifice, droiture, patience et humilité. Mais lorsque l’enjeu devient immense, lorsque la gloire se rapproche et que l’histoire tend les bras, certains sont tentés de forcer la main du destin, d’infléchir le cours du jeu par des manœuvres qui trahissent l’esprit de ce sport.
Cette finale fut marquée par une intensité rare, une tension presque « explosive ». Le Sénégal, fidèle à son ADN, a proposé un football de vérité : engagement total, respect du jeu et de l’adversaire. Chaque duel portait le poids d’une nation, chaque course racontait le sacrifice collectif. Le Maroc, de son côté, a déployé talent et intelligence tactique mais non sans susciter débats et controverses, tant certaines attitudes, apparentes ou diffuses, ont semblé flirter avec les limites de l’acceptable.
En effet, la tricherie dans le sport ne se limite pas à une faute grossière. Elle se niche parfois dans la simulation savamment exécutée, dans la pression sur l’arbitre, dans le gain de temps systématique et dans l’instrumentalisation du règlement au détriment du jeu. Ces pratiques, bien que tolérées par certains comme faisant partie du « métier », laissent toujours une trace. Elles interrogent la conscience collective et fissurent la beauté du spectacle.
Or, le football possède une particularité quasi mystique. Il échappe à bien des égards, au contrôle absolu de l’homme. On peut calculer, manœuvrer, influencer, mais il demeure une part irréductible d’imprévisibilité. C’est là que s’invite le Divin, non pas au sens strictement religieux, mais comme métaphore d’une justice supérieure, immanente qui finit par rétablir l’équilibre.
« DIEU, Seul Maitre Absolu tranche ». Cette sentence trouve dans cette finale une résonnance particulière. Elle rappelle que malgré les stratagèmes, malgré les injustices, perçues ou réelles, le verdict de DIEU demeure souverain. Un but de la « main », Oh que dis-je ? plutôt un but de la tête annulé, un joueur qui s’affaisse délibérément sur la pelouse, un penalty peu recommandable, mais accordé puis tiré et raté. Autant de signes qui laissent transparaître que le jeu sur le terrain échappe, toutes proportions gardées, aux calculs humains.
L’équipe du Sénégal, par sa posture, reflétée par le comportement exemplaire du « Nanthio » : Sadio MANE, a incarné cette foi tranquille dans la justesse du jeu. Une foi qui ne nie pas l’adversité, loin s’en faut mais qui refuse de s’y abaisser. Une foi qui accepte que la victoire, lorsqu’elle advient, soit le fruit du mérite et que la défaite, si elle survient, soit portée avec dignité. C’est cette attitude qui élève une équipe au rang de référence morale, au-delà des trophées.
En réalité, cette finale nous enseigne une leçon essentielle : le sport n’est jamais neutre. Il reflète nos sociétés, nos tentations, nos grandeurs et nos failles. Il nous rappelle que gagner sans honneur est une victoire vide tandis que perdre avec sportivité peut semer les graines d’une reconnaissance durable.
Lorsque le jeu s’affronte à la tricherie, le temps finit toujours par rendre son verdict. Les cris s’estompent, les polémiques se dissipent, mais la mémoire collective retient l’essentiel : qui a respecté le jeu, et qui a tenté de le contourner. Et dans ce tribunal invisible qu’est l’Histoire du sport, il n’y a ni Avocat, ni appel possible. DIEU Seul, Maitre Absolu tranche. Et souvent, sans bruit. Il rend justice au jeu. Car telle est sa volonté. « Fiat voluntas tua, sicut in caelo et in terra ».
VIVE LES LIONS. VIVE LE SENEGAL.
François Mame Samba NDIAYE, Juriste, Consultant, Expert en médiation, arbitrage et Conciliation.
Commentaires (7)
Quel plaisir de savoir que par la grâce de Dieu , tu es devenu un juriste.
Madame Fevotte , professeur de françois disait François ect, ect.......Ndiaye
Merci Mr Ndiaye
Merci pour cette analyse froide et sans complaisance mon cher, et VIVE LE SÉNÉGAL, LES SÉNÉGALAIS ET L'ÉQUIPE CHAMPIONNE D'AFRIQUE !!
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