Forcing pour bâtir un destin présidentiel à Sonko (Par Alioune Badara COULIBALY)
La catastrophe !
L'Assemblée nationale a adopté une réforme du code électoral ouvrant la voie à la candidature du Premier ministre Ousmane Sonko pour la présidentielle de 2029. Le texte en question modifie les articles L29 et L30, permettant notamment la participation aux élections de citoyens condamnés à certaines peines. Le président Bassirou Diomaye a, vendredi dernier, décidé de renvoyer cette loi pour une seconde lecture. Une décision motivée par l’existence de deux versions différentes du texte adopté par les députés lors de la séance du 28 avril 2026. Tout ceci démontre à suffisance que la ligne de démarcation entre les coalitions Diomaye Président (fidèle au chef de l’Etat) et APTE (favorable au Premier ministre) est plus que nette. L’urgence pour les démocrates de ce pays, est désormais, de barrer la route à l’une et l’autre coalition, actuellement aux affaires afin de reprendre la marche victorieuse dans laquelle le Président Macky Sall avait fini d’inscrire le Sénégal.
En ce qui concerne le Premier ministre dont la candidature en 2029 est la source de cette querelle au sommet de l’Etat, nous restons persuadés que rien dans le profil de l’homme, rien dans son itinéraire, encore moins dans son histoire et sa culture propre ne le prépare à la fonction de Président de la République. Pourtant, on tente de forcer le destin, en mettant en balance son avenir personnel et celui de notre pays. C’est une catastrophe qui se dessine ainsi. On ne peut pas penser le devenir d’une nation entière, en le corrélant avec celui d’un homme. C’est la preuve du mépris souverain qu’ APTE et le Pastef peuvent faire montre à l’égard des Sénégalais. Ces derniers sont considérés dans cette affaire comme des moins que rien. Des gens qui n’ont pas la capacité de réfléchir et de choisir par eux mêmes. L’avènement de Bassirou Diomaye Faye en 2024, a fini de tirer de sa somnolence le peuple qui, désormais, comprend que la gestion d’un Etat et d’un pays, ce n’est pas de la blague. C’est une affaire sérieuse qui nécessite, compétence et expérience. N’en déplaise à ceux qui pensent le contraire, on pose, ici, avec lucidité et réalisme un débat qui doit être au cœur de la mise en œuvre et du déploiement de tout projet politique.
Cette problématique considère, qu’au-delà de la vision qui demeure le fondement même de tout dessein politique, de la doctrine énoncée pour donner une signification à cette vision, de l’idéologie déclinée pour la justifier, et de la praxie opérée pour la rendre concrète, il existe autre chose de tout aussi fondamental, dans une telle mise en œuvre. Il s’agit de cette posture d’homme d’Etat que les Présidents Senghor, Diouf, Wade et Sall avaient pour marquer dans le marbre leurs passages à la tête de l’Etat. Ce petit truc, malheureusement, manque aussi bien à Diomaye qu’à Sonko. Si avant l’accession au pouvoir, Sonko disposait d’un leadership naturel qui se déployait au sein des populations, le mythe s’est définitivement effondré du fait de son incapacité à apporter un mieux-être aux citoyens. Ceux-ci ont fini de se convaincre de son manque de culture d'État et de son impuissance à impulser l'action gouvernementale. Sonko renvoie aujourd’hui l’image d’un Premier ministre pleurnicheur, rejetant la faute sur des ennemis intérieurs et sur ses prédécesseurs plutôt que de proposer des solutions concrètes.
Voilà ce qui fait douter de ses capacités à définir une direction claire pour le pays et le disqualifie, logiquement, à prétendre aux charges suprêmes. Quand on l’observe, presque toujours blotti dans le dos de ses affidés, de sa majorité mécanique au Parlement, le portant à bout de bras, pour tenter de l’imposer aux Sénégalais, on se demande comment cet homme, laissant souvent apparaître dans son sillage les manières d’un enfant gâté, pourrait-il un jour exercer un leadership dynamique.
Ce serait, tout de même, suicidaire de la part des démocrates opposés au projet de la coalition APTE de croire que celui-ci n’aboutira jamais. Ce n’est pas parce que les dissidents de Diomaye Président rament en contre-courant de l’histoire qu’il faille se montrer naïf et baisser la garde. Ceux qui veulent faire aboutir ce projet ont pris une avance sur l’opposition. Ils y travaillent depuis des mois et s’offrent tous les moyens à cette fin. Redoublons de vigilance et d’imagination pour les contraindre à la capitulation. Les démocrates que nous sommes, avons un avantage certain sur eux : ils sont psychologiquement fragiles, ils ne sont pas, par conséquent, sereins, car ils savent que leur projet n’est pas juste, encore moins porteur d’espoirs. Ils peuvent cependant se montrer téméraires, voire extrêmement violents, dans leur volonté de nous vaincre. Il n’empêche, unis, nous, démocrates du Sénégal, triompherons.
Alioune Badara COULIBALY
Porte-parole APR

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