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Refondation institutionnelle et clarification globale de la crise (Babacar Gaye)

Auteur: Par Babacar Gaye

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Refondation institutionnelle et clarification globale de la crise (Babacar Gaye)

La deuxième lettre ouverte de l'ancien ministre d'Etat, Abdou Fall au Président Bassirou Diomaye Faye, intitulée «Pour une refondation institutionnelle et une clarification démocratique» et publiée le 7 juin 2027, a le mérite d’ouvrir un débat utile sur la crise latente de notre système politique. Elle pose une question centrale : les institutions sénégalaises correspondent-elles encore à la réalité du pouvoir ? Somme toute légitime, cette interrogation me paraît à elle seule insuffisante pour cerner les mutations en cours.

Mon aîné part d’un diagnostic politique. Il observe les tensions, les ambiguïtés et les déséquilibres nés de la configuration actuelle du pouvoir. Pour ma part, l’approche devrait procéder d’une autre problématique : celle des dysfonctionnements institutionnels, de la sécurité juridique et de la continuité du fonctionnement régulier d'un État empêtré dans une crise multiforme.

En effet, une crise politique ne devient dangereuse que lorsqu’elle se transforme en crise institutionnelle. Et une crise institutionnelle devient explosive lorsqu’elle se double d’une crise économique, sociale et diplomatique. C’est précisément là que le texte d’Abdou Fall pêche par l'analyse parcellaire de la situation actuelle.

Il appelle à une refondation, mais ne dit pas clairement par quels moyens elle doit être conduite. Quel serait le cadre juridique de cette réforme ? Faut-il une concertation nationale, un dialogue politique avec les acteurs de premier plan, une assemblée constituante ou une révision parlementaire à défaut d'un référendum ?

Qui plus est, les propositions de solutions ne définissent pas de manière précise les responsabilités et le rôle de l'opposition classique et de la néo-opposition que Pastef veut incarner tout en continuant à participer à l'exercice du pouvoir par la présence de ses militants et alliés dans les rouages de l'Etat (Directions générales, Conseils d'administration et autres Conseils de surveillance …)

Il évoque aussi une clarification démocratique, mais sans en préciser le format, la durée, les acteurs, les garanties et le mécanisme de mise en œuvre. Or, dans une République, les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faut des procédures, des délais, des responsabilités et des instruments de validation. A ce niveau, l'analyse devrait intégrer la problématique de la tenue des élections en perspectives (élections locales, élections législatives anticipées et référendum, le cas échéant) dans le cadre d'un nouveau code électoral et d'un autre mode de scrutin qui tienne compte des réformes majeures porteuses de rééquilibrage des institutions nationales et locales.

A mon avis, il manque également à son analyse deux dimensions essentielles : le règlement judiciaire du contentieux à l'Assemblée nationale et l’économie politique de la crise. Le Sénégal ne vit pas seulement une tension institutionnelle. Il fait face à une crise de la Justice et une crise économique et sociale aiguë, à des contraintes budgétaires, à une exigence de crédibilité financière, et à une relation délicate avec ses partenaires diplomatiques, financiers et techniques ; le tout dans un contexte d’attentes sociales trop fortes.

Toute réforme institutionnelle profonde, si elle est mal conduite, peut aggraver la fracture politique, l’incertitude institutionnelle, inquiéter les investisseurs, fragiliser les négociations avec les partenaires et affaiblir davantage la confiance des citoyens.

La question n’est donc pas seulement : quelles institutions voulons-nous ?

La vraie question est : comment réformer les institutions sans désorganiser l’État, sans paralyser l’économie, sans fracturer la société et sans isoler davantage le Sénégal ?

C’est pourquoi le débat devrait être élargi autour de cinq exigences.

Premièrement, établir un diagnostic institutionnel rigoureux : identifier les violations des principes d'un Etat de droit, les ambiguïtés au sein de la majorité, les chevauchements de pouvoir et les failles révélées par la pratique récente. En l'occurrence, les conclusions de la Commission Mbow pourraient servir de document de base de discussions.

Deuxièmement, définir un cadre de concertation limité dans le temps, inclusif mais encadré, associant les institutions, les partis politiques, la société civile, les universitaires, les collectivités territoriales, les syndicats, le patronat et les forces vives.

Troisièmement, préciser l’architecture de la transition : comment assurer la gouvernance pendant la phase transitoire des réformes, selon quels mécanismes, avec quels acteurs et quelles garanties de continuité de l’État ?

Quatrièmement, intégrer les enjeux économiques et sociaux : programme économique et social, dette, finances publiques, confiance des partenaires, climat des affaires, efficience et stabilité des politiques publiques, emploi et coût de la vie

Cinquièmement, prévoir un mécanisme de validation démocratique : soit par voie référendaire, soit par une procédure législative concertée, précédée d’un débat national transparent.

La refondation institutionnelle ne doit pas être un slogan. Elle doit être une méthode.

Elle ne doit pas servir à maquiller une crise politique dans le seul but de concilier les antagonismes du moment. Elle doit permettre de restaurer l’autorité de l’État, la primauté de la Constitution, la confiance des citoyens et la crédibilité internationale du Sénégal.

C’est à ce niveau que le débat avec Abdou Fall mérite d’être poursuivi et élargi à tous ceux qui ont déserté l'espace public à cause de la violence du propos : non pas pour contester l’utilité de son diagnostic, mais pour aider à franchir une étape supplémentaire ; celle du passage du constat politique à l’ingénierie institutionnelle, économique et démocratique.

Car une République ne se refonde pas seulement avec des idées générales. Elle se reconstruit avec des règles, des institutions, des garanties solides, un calendrier et une volonté politique assumée par des acteurs responsables et conscients de la gravité de la crise.

Babacar Gaye

Ancien ministre d'Etat

Leader de Mankoo Mucc

Auteur: Par Babacar Gaye
Publié le: Lundi 08 Juin 2026

Commentaires (8)

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    B p il y a 6 heures
    Les anciens ministres sont tellement fatigués et ruinés qu’ils cherche désespérément des solutions à une crise qu’ils ont déjà créée dans leur tête. Tout ce qu’ils veulent c’est revenir aux affaires et dilapider les ressources des pauvres sénégalais mais peine perdu vous êtes dépassés . J’ai pitié de vous
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    Xeme il y a 6 heures
    Merci @B p. Moi, mon problème c'est que de pareilles inepties viennent d'anciens du PDS. Une vraie trahison à Wade. C'est gens ne peuvent pas me dire qu'ils n'ont pas compris cette crise fabriquée, alors que les mêmes acteurs avait fabriqué des crises identiques contre leur pouvoir sous Wade en 2007 et 2012.
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    Lol il y a 5 heures
    Babacar et Abdou Fall, dem len retraite. Waxolen fi dara
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    Les vieux du Passif il y a 3 heures
    Babs Gaye, toi aussi comme Abdou Fall hier, tu nous déranges bcp ces temps ci. Tu étais là hier plus d'autres Présidents, qu'est ce qui a changé depuis que feu Kéba Mbaye s'était écrié " les Sénégalais sont fatigués", autrement dit aussi " Deuk bi dafa Macky"... Surtout ces temps ci de Centenaire de Wade, tous les vieux hommes du Passif et ceux qui l'ont trahi n'ont cessé de faire le tour des télévisions pour chanter des louanges pour lui de " Meilleur Président du Monde " , même Mandela un seul mandat ne semblait pas avoir existé.
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    Photo irrecevable il y a 6 heures
    Mr Gaye, à mon avis, c'est vous qui devez de refondation et de clarification de vos idées et de vos connaissances car avec toute ce que le Sénégal et même l'Afrique ont d'archives historiques, vous n'avez rien trouvé d'autres pour illustrer votre article que cette photo apparemment d'une cité grecque de l'antiquité. Vous êtes vraiment un sacré complexé Monsieur Gaye !
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    Xeme il y a 6 heures
    Merci.
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    Xeme il y a 4 heures
    Le scénario que je vois se dessiner pour le Sénégal n'est qu'une répétition de l'histoire (2007 etv2012). Le scénario est: une réussite économique au Sénégal risque de libérer le pays des griffes de l'Occident. Vite, il faut recruter des sénégalais, leur assurer la couverture des médias, pour ramener le Sénégal dans les griffes de l'Occident. De 2004 à 2007, Idrissa Seck a des problèmes avec Wade. Wade avait lancé le programme de multiplication des partenaires économiques du Sénégal en dehors de l'Occident. Parce qu'il fallait freiner Wade sur cette voie, l'Occident apporte son soutien à Idrissa Seck. La précision importante à y faire est que Idy n'a pas été recruté par l'Occident. Ce dernier lui a apporté son soutien, a misé sur lui. Et la presse de la France Afrique au Sénégal a été mise à sa disposition pour lui fabriquer une image, en parallèle avec la diabolisation de Wade. Idy perd les élections en 2007. L'Occident révise sa stratégie, et recrute (débauche) Macky Sall en 2008. En plus des médias qui avaient été mis à la disposition de Idy, les sionistes de la France financent d'autres (TFM, Première FM), tous au service de l'image de Macky en parallèle avec la diabolisation de Wade. A cela il faut ajouter des investissements dans des ONG, des groupes de rapeurs (Y en a marre), partis d'opposition, société civile, et une campagne de feu et sang en parallèle avec le pourrissement de la vie des sénégalais, grève, hausses des prix dont les acteurs ont fini par avouer comment ils faisaient. Macky arrive au pouvoir. Il faut rendre la monnaie à ce qui ont investi sur lui contre Wade: Bolloré retrouve le port de Dakar. NECOTRANS chassé de Guinée est aussi casé au port à la suite d'un procès gagné à Paris contre Bolloré, et dédommagé par cette place au port. Il restait à Macky de dérouler le programme pour lequel il avait été débauché, et le tout sous la couverture des mêmes médias. Il s'agissait, non seulement de détruire les réussites de Wade (remplacement du nationalisme dit mal placé de Wade par un nationalisme dit bien placé), par un travail médiatique axé sur des "le peuple ne vit de ponts et routes " ou "Des chantiers oui, mais pas avec la destruction des valeurs humaines ". En fait n'importe quoi pour salir ce qui est entrain d'être réussi. La seconde mission de Macky Sall était était de rendre impossible ce que Wade avait réussi, c'est à dire mettre le Sénégal sur la rampe de la libération, de la souveraineté. Après un travail de destruction en amont, Macky devait faire un travail de destruction en aval. C'est ce qui explique le surendettement du Sénégal et la dette cachée. Durant 12 ans de règne de Macky, l'Occident a passé tout ce temps à lui jeter des cordes dont il ne comprenait même pas ce qu'elles étaient (ou bien c'est pas son affaire), et à chaque fois il lui disait: " cette corde la, tu l'attaches sur le cou du Sénégal, celle-là sur la jambe, celle-ci sur le bras, etc ". Et le tout dans l'unique but de rendre impossible toute souveraineté futur du Sénégal. En 2 ans de primature de Sonko, ils ont vu le tracé d'un chemin vers la souveraineté. Ils ont vu qu'avec 0 F du FMI, des payements réguliers des échéances de dettes sans défauts, des salaires payés, des prix baissés ou maintenus fixes indépendamment des crises internationales, et même des bourses familiales. Si cela continue, ce serait difficile de défendre l'indispensabilité du FMI, la nécessité de la restructuration de la dette. Il fallait donc freiner Sonko rapidement, quitte à dire qu'on maintient le cap. La grosse différence entre les combats de l'Occident au Sénégal sous Wade (2007, 2012) et sous Diomaye (2026), c'est que sous Wade, on recrutait ses proches pour les retourner contre lui, sous Diomaye, c'est lui-même qui semble être recruté pour être retourné contre son PM. L'objectif reste le même: empêcher au Sénégal de se libérer des griffes de l'Occident.

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