Uemoa et Fmi : quand même les pays “anti-impérialistes ” y vont… et le Sénégal hésite (Pr. Amath NDIAYE)
Aujourd’hui, la quasi-totalité des pays de l’UEMOA travaillent avec le Fonds monétaire international.
Côte d’Ivoire : environ 4,8 milliards $ de programme
Bénin : 635 millions $
Burkina Faso : 425 millions $
Togo : 390 millions $
Niger : 320 millions $
Ces programmes permettent d’obtenir des financements à taux très faibles, parfois même à 0 %, tout en rassurant les investisseurs et les partenaires internationaux.
Fait intéressant : même des pays se présentant comme révolutionnaires ou anti-impérialistes, comme le Burkina Faso, le Mali ou le Niger, travaillent également avec le FMI lorsqu’il s’agit de stabiliser leurs finances publiques.
Pendant ce temps, le Sénégal se trouve dans une situation particulière : le programme précédent est suspendu après l’audit qui a révélé un niveau de dette beaucoup plus élevé que prévu (autour de 132 % du PIB).
La question stratégique devient donc claire :
le Sénégal a-t-il intérêt à rester sans programme alors que tous ses voisins bénéficient de financements concessionnels et d’un signal de crédibilité pour les marchés ?
Un programme avec le FMI ne signifie pas abandonner sa souveraineté. Il peut au contraire permettre :
de réduire le coût de la dette,
de mobiliser d’autres financements internationaux,
et de restaurer la confiance des investisseurs.
Dans un contexte de dette élevée et de fortes attentes sociales, la vraie question n’est pas idéologique.
Elle est simple : quelle stratégie permettra au Sénégal de retrouver des marges budgétaires pour financer son développement ?
Pr Amath Ndiaye
FASEG-UCAD
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