Thiès : un maître coranique jugé pour viol sur une mineure de 4 ans
Le tribunal de grande instance de Thiès a connu une forte affluence, ce lundi 23 mars, à l'occasion du procès d'un maître coranique poursuivi pour viol, pédophilie et détournement de mineure. Parents, proches et fidèles du prévenu ont massivement fait le déplacement pour assister à l'audience, certains priant pour sa libération.
L'accusé, A. Ndiaye, bien connu dans le quartier de Mbour 1 (Thiès), est mis en cause par une fillette âgée de 4 ans au moment des faits, remontant à février 2024. L'enfant fréquentait depuis plusieurs mois le daara du prévenu, en compagnie de son frère.
Selon le récit de la mère, les faits ont été découverts un dimanche soir, après le retour de la fille à la maison. Elle avait constaté des saignements au niveau des parties intimes de sa fille. Alertée, une gynécologue consultée à distance a recommandé une prise en charge médicale immédiate. L'enfant a d'abord été admise dans une clinique, puis orientée vers l'hôpital régional de Thiès.
Les examens médicaux ont conclu à une agression sexuelle, avec un certificat attestant d'une perte hyménéale récente. Interrogée, la fille a désigné son maître coranique comme étant l'auteur des faits. Celui-ci a été ensuite interpellé par les enquêteurs et placé sous mandat de dépôt.
À la barre, le prévenu a fermement nié les accusations. Il a décrit un environnement familial au sein de son daara, estimant qu'il lui était impossible d'agir sans être remarqué par sa défunte femme, ses enfants ou ses neveux.
De son côté, la victime a maintenu ses déclarations devant le juge, désignant à nouveau A. Ndiaye comme seul responsable de ses blessures. « J'avais quitté le daara pour chercher de l'eau à boire dans la maison. C'est ainsi que A. Ndiaye m'a conduite dans sa chambre, allongée dans son lit et a sorti un couteau. Il a bandé mes yeux avant de me blesser avec le couteau », a confié la fille.
Sa mère a également témoigné, évoquant le traumatisme persistant de sa fille, qui suit toujours un traitement médical.
L'avocate de la partie civile a estimé que les déclarations de la victime sont restées constantes sur l'essentiel des faits et sur l'identité de la personne mise en cause. Elle a demandé au tribunal de retenir la culpabilité du prévenu.
Le procureur de la République, reconnaissant l'existence d'éléments matériels (rapport médical, pièces de procédure), a néanmoins exprimé des doutes sur l'imputabilité des faits et a déclaré que sa conscience ne lui permettait pas de requérir une peine.
La défense, assurée par Maîtres Mbodj, Sy, Ndiaye et Sène, a plaidé la relaxe pure et simple de A. Ndiaye, estimant qu'aucune preuve formelle ne liait directement leur client aux faits reprochés.
L'affaire est mise en délibéré pour être vidée le 5 mai 2026.
Source : Ablaye Gadiaga Sarr
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.