Exode des universitaires en Guinée : La position d'Alioune Tine
La récente décision du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) demandant aux enseignants sénégalais recrutés par le gouvernement de Mamadi Doumbouya de « choisir entre le Sénégal et la Guinée » continue de susciter des réactions. Pour Alioune Tine, fondateur du Think Tank Afrikajom Center, cette approche radicale mérite d'être nuancée au profit d'une vision plus moderne de la carrière académique.
Selon le défenseur des droits humains, l'enseignement transfrontalier ne devrait pas être perçu comme une menace ou une trahison, mais comme l'essence même de la fonction. « Faut-il dramatiser à l'excès le fait que des professeurs d'université du Sénégal puissent enseigner en même temps dans les universités africaines, européennes, chinoises ou américaines ? C'est la vocation naturelle des universitaires », rappelle-t-il.
Pour Alioune Tine, limiter le périmètre d'action des chercheurs revient à ignorer la dimension universelle du savoir. Il estime que le rayonnement des universitaires sénégalais à l'étranger est une opportunité qui doit être organisée plutôt que réprimée.
Face à l'injonction du MESRI, Alioune Tine propose une alternative basée sur la concertation institutionnelle. « Il faut s'entendre pour l'inscrire dans le cadre d'une coopération inter-universitaire. Ne pas exiger de façon radicale de choisir la Guinée ou le Sénégal », préconise-t-il.
Le fondateur d'Afrikajom Center appelle ainsi les autorités à privilégier la voie diplomatique et académique : « Dialoguer, débattre entre États et entre universités. Enseigner en Guinée et au Sénégal doit être dans l'ordre du possible ».
Commentaires (47)
Le ministre ne le pose pas sous ces termes et il l a clarifié ! Tous les universitaires bougent et même lui a eu à vivre la mobilité universitaire , mais dans le cadre strict de professeur visiteur (visiting de 10 jours, un mois, 1 an sabbatique max)! Ce que la tutelle déplore, c’est d’être dans la fonction publique de deux pays!!
Il se pose aussi la question de nos et des brevets? des inventions de ces professeurs-migrants (c’est pas péjoratif)!?
Who pays, orders ( qui paye, commande)!
Le Sénégal et la Guinée c’est deux pays frères qui se partagent même les noms de famille, mais les cadres réglementaires doivent être organisés en termes de coopération et de mobilité de Staff, qui du reste est dans l’ADN des universités.
Le communiqué du Mesri est assez explicite.
soyons plus réfléchis.
Je suis totalement en phase avec Pr THIOUB, ancien recteur de l'UCAD quand il caractérise cette pratique en termes claires : "Xar matt", ce qui est ni plus moins que du travail au noir.
Rien ne peut empêcher les universitaires de voyager et d’enseigner à l’étranger. On peut cependant loger ces enseignements dans le cadre de la coopération universitaire. Mais l’Etat guinéen est souverain, il est libre de lancer un appel à candidature international pour des contrats à durée déterminée (CDD) et chacun est libre de postuler. Le gouvernement du Sénégal et le MESRI devraient en être très fier. C’est le rayonnement des universités sénégalaises qui se manifeste ainsi.
Il n'a rien apporté aux étidiants.
D'autant plus,les enseignants du Sénégal enseignent d'ailleurs dans différents pays comme le Canada, France etc .
Mais Quand il s'agit de la Guinée 🇬🇳 pays frontalier aussi du Sénégal, hélas cela suscite des débats partout.
Je pense que le savoir n'a pas des frontières 🫡
Mais aussi le gouvernement guinéen doit prendre ses propres responsabilités pour son système éducatif
Je vous remercie.
A l'heure ou on parle de Panafricanisme on veut empecher ou dissuaders des professeurs de donner de dispenser des cours en Guinee. Ce n'est pas de cette maniere qu'on va faire progresser l'Afrique qui accuse du retard dans presque tous les domaines. Un grand Bravo a tous ces professeurs qui figurent dans cette liste. Au moins leurs talent et savoir sont apprecies en dehors des frontieres du Senegal. God bless.
En tout cas ,si on m'avait suivi,yaya Diamé serait toujours président de la Gambie
Et si vous levez les yeux du Sénégal pour regarder ailleurs, vous ne trouverez aucun pays du monde, particulièrement de l'Occident, qui a eu la chance d'avoir pareil héritage d'appréciation de ses intellectuels par ses voisins, où un citoyen quel qu'il soit, surtout qui a fait des études, tiendrait un discours qui dénoncerait cela comme un échec du pouvoir.
Quand des "intellectuels " commencent à faire feu de tout bois, il n'y a pas besoin de dessins pour comprendre qu'ils vivent un feu en leur intérieur. Et ils n'agissent plus en intellectuels. Leurs diplômes affichés ne sont plus que des faire valoir.
Vous avez parfaitement raison, j'ai un cousin qu'il a enseigné au département de Lettres modernes, qui l'a choisi comme son encadreur en année de Maîtrise. Malheureusement, pour ses absences répétitives mon cousin a eu à changer d'encadreur.
C'est un faux débat
.
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