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Franchises universitaires : la loi de 1994 à l’épreuve des récents événements à l’UCAD

Auteur: Yandé Diop

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Franchises universitaires : la loi de 1994 à l’épreuve des récents événements à l’UCAD

Les récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), marqués par des tensions, des perturbations académiques et l’intervention des Forces de l’ordre, ont remis au centre du débat public la question des franchises et libertés universitaires. Dans ce contexte, la loi n°94-79 du 7 novembre 1994 apparaît comme le principal référentiel juridique permettant d’apprécier la conformité des actes posés par les différentes parties.

L’UCAD, un espace juridiquement protégé

 

En vertu de l’article 2 de la loi, l’UCAD, à l’instar des autres universités publiques du Sénégal, bénéficie du statut d’autonomie de police administrative. Les facultés, Unités d’Enseignement et de Recherche, instituts et établissements qui la composent constituent un espace universitaire où l’intervention des Forces de l’ordre n’est pas libre, mais strictement encadrée.

Le principe est clair : les Forces de sécurité ne peuvent intervenir dans l’enceinte universitaire qu’à la demande du recteur ou de son représentant habilité (article 3), après avis de l’Assemblée de l’Université, sauf en cas d’urgence avérée. Cette disposition vise à préserver l’université comme un lieu autonome de savoir, de débat et de production scientifique.

Lors des événements récents à l’UCAD, les autorités ont justifié certaines interventions policières par l’existence de menaces graves et immédiates pesant sur la sécurité des personnes et des biens universitaires. Or, l’article 6 de la loi prévoit expressément que dans une telle situation, le recteur a l’obligation de solliciter l’intervention des Forces de l’ordre et qu’en cas d’inaction ou d’empêchement, cette intervention devient légale « de droit ».

C’est précisément sur ce point que se cristallisent les débats : les conditions de l’urgence et les modalités de l’intervention ont-elles été strictement respectées ? La loi exige en effet que toute intervention cesse dès la disparition des menaces et que les autorités universitaires soient pleinement informées des opérations menées dans l’enceinte de l’université.

Libertés académiques et fonctionnement des institutions

 

Au-delà de la question sécuritaire, les perturbations enregistrées à l’UCAD ont eu des conséquences directes sur le déroulement des enseignements, des examens et des activités de recherche. La loi de 1994 rappelle pourtant que le régime des franchises universitaires garantit la liberté d’enseignement et de recherche, ainsi que l’autonomie pédagogique et scientifique des structures universitaires. Les articles 9 à 13 confient aux instances internes de l’université la gestion des questions pédagogiques et scientifiques. Toute entrave durable à l’accès aux amphithéâtres, aux laboratoires ou aux bibliothèques constitue ainsi une atteinte directe à l’esprit et à la lettre de la loi.

Responsabilités partagées au sein de la communauté universitaire

La loi n’accorde pas des libertés sans contreparties. Les étudiants, s’ils sont libres de suivre ou non les enseignements, ne peuvent recourir à la violence, aux menaces ou à des manœuvres portant atteinte à l’ordre public ou au fonctionnement régulier de l’université. De telles actions exposent leurs auteurs à des sanctions disciplinaires, sans préjudice de poursuites pénales.

De leur côté, les autorités universitaires ont l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’application effective des franchises et libertés universitaires et de privilégier le règlement rapide et pacifique des différends internes.

Une loi toujours centrale dans la gestion des crises universitaires

 

Les événements récents à l’UCAD montrent que la loi n°94-79 demeure un instrument central de régulation en période de crise universitaire. Elle offre un cadre juridique permettant d’évaluer aussi bien les revendications estudiantines que les décisions des autorités universitaires et administratives.

Plus de trente ans après son adoption, ce texte continue ainsi de poser une question fondamentale : comment concilier maintien de l’ordre, continuité du service public universitaire et respect des franchises académiques ? Une interrogation qui, à l’UCAD comme ailleurs, reste au cœur du débat sur la gouvernance de l’enseignement supérieur au Sénégal.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Mercredi 11 Février 2026

Commentaires (7)

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    kilifeu pca honnete il y a 6 heures
    Mantes-la-Jolie : cinq ans de prison requis contre l’ancien maire adjoint, soupçonné de détournements de fonds Amadou Daff, ancien maire adjoint de Mantes-la-Jolie, comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles. Soupçonné d’avoir détourné plus de 500 000 euros, il a reconnu les faits tout en chargeant le maire actuel Raphaël Cognet. Le jugement a été mis en délibéré au 23 mars.
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    L'extrémiste il y a 6 heures
    L'article 6 de la loi clôt le débat : Les autorités étatiques peuvent faire rentrer les FDS partout dans l'université s'elles constatent qu'il y a menace sur les personnes ou les biens, que ce soit sur réquisition du recteur ou en cas de l'inaction du recteur. Le débat n'est pas là mais plutôt sur pourquoi des étudiants de Master exigent des bourses pour une année qu'ils n'ont pas étudié ? C'est contraire au décret qui régit le régime des bourses. Aussi pourquoi les délégués d'étudiants boudent les négociations pour des réformes qui vont définitivement régler des problèmes récurrents à luniversite
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    DIOP il y a 5 heures
    TfM vous etes d3s manipulateurs. Vousvvous fatiguez pour rien. Allez payer vos impots si c est ça qui vous mal. Meme pas honte.
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    Logique il y a 5 heures
    Bravo à la jeunesse senegalaise qui a démonté aujourd’hui les mensonges du ministre avec ses videos. Un etudiant a fait une videos montrant que la videos en question publiée ne datait pas d’avant hier car le pavillon A est maintenant sous grille. Maintenant la question que tout le monde se pose c’est à quand date cette vidéo ou l’on voit une personne jeter des cocktails molotov. Si le ministre appelle cette personne bandit et que la vidéo date de longtemps alors le ministre de l’intérieur n’a fait que confirmer les propos d’antoine diome quand il parlait de forces occultes. Même si on admet que la vidéo date d’avant hier, ca ne fait que conforter d’avantage encore antoine diome comme quoi y’a des politiciens qui peuvent payer des fauteurs de troubles pour bruler l’université comme cela fut le cas. La sortie de me bamba cissé n’a fait que donner raison à l’ancien régime quelque soit la position qu’on a.
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    Camenni il y a 5 heures
    Bienvenue sur le meilleur service de rencontres intimes >> Xdate.mom
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    raoulo il y a 4 heures
    Les facultés, Unités d’Enseignement et de Recherche, instituts et établissements pas le campus social
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    Ngor Jegaan il y a 4 heures
    La loi est très claie, pas besoin d'interprétation : ELLE CONCERNE LE CAMPUS PEDAGOGIQUE, PAS LE CAMOS SOCIAL. Le campus social ne se limite pas seulement au pavillons A et autres pavillons alentours, il y'a (je ne sais pas s'il en en a encore) des pavillons annexes comme, de notre temps, Gueule Tapée et El Mansour (où j'ai habité 1 an avant de déménager au pavillon E). Imaginez 1 dealer habitant en résidence universitaire et y détenant des kilos de drogue et la police est au courant : doit-elle attendre que le Conseil de l'université se réunisse pour autoriser l'assaut?

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