Protection des forêts classées : Thiès engage une vaste opération de délimitation
La région de Thiès s’engage dans une nouvelle dynamique de protection de son patrimoine forestier. Réunies en comité régional de développement (CRD), les autorités administratives et forestières ont lancé les concertations autour du projet de délimitation, de bornage et de pancartage des forêts classées de Thiès, Pout, Diass, Bandia, Popenguine et Cayar.
Selon l’inspecteur régional des eaux et forêts de Thiès, le lieutenant-colonel El Hadj Malick John, cette initiative répond à une nécessité urgente de préserver des espaces forestiers de plus en plus exposés aux pressions humaines.
Il a rappelé que la dernière forêt classée dans la région remonte à 1957 et qu’aucune nouvelle forêt n’a été créée depuis cette date. En revanche, plusieurs opérations de déclassement ont été enregistrées, réduisant d’environ 15 % la superficie initiale des forêts classées.
« Nous constatons des empiètements liés à l’habitat, à l’extension des activités agricoles et à l’exploitation minière. Thiès étant le principal hub minier du Sénégal, la pression sur les ressources forestières est particulièrement forte », a-t-il expliqué.
Face à ces menaces, les services forestiers comptent procéder au bornage de l’ensemble des six massifs forestiers classés de la région. Une démarche qui vise à mieux identifier les limites officielles de ces espaces et à renforcer leur protection.
Présidant la rencontre, l’adjoint au gouverneur de Thiès chargé du développement, Ababacar Sadikh Niang, a souligné l’importance stratégique des forêts classées dans la conservation de la biodiversité, de la protection des sols, de la régulation du climat et de la séquestration du carbone.
Il a toutefois déploré les nombreuses pressions qui pèsent aujourd’hui sur ces écosystèmes, notamment l’urbanisation galopante, l’extension des terres agricoles, les occupations irrégulières et diverses formes d’exploitation non durable.
Selon lui, l’objectif du programme initié par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique est de matérialiser de manière visible et reconnue les limites des forêts classées afin de prévenir les conflits fonciers, lutter contre les empiètements et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles.
Le CRD constitue ainsi une étape clé du processus. Il doit permettre d’informer les différentes parties prenantes, de recueillir leurs préoccupations et de favoriser une appropriation collective des actions à mener sur le terrain.
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’une approche participative associant collectivités territoriales, services techniques, chefs de village, organisations communautaires et populations riveraines. Ces acteurs seront notamment sollicités lors des consultations locales, de la vérification des limites officielles, de la localisation des anciennes bornes et de l’identification des éventuels empiètements.
Pour Ababacar Sadikh Niang, la matérialisation des limites des forêts classées dépasse le simple cadre technique. Elle constitue un véritable instrument de gouvernance foncière, de préservation de l’environnement et de lutte contre les effets du changement climatique.
À terme, les autorités espèrent sécuriser durablement les limites des six massifs forestiers concernés, réduire les conflits d’usage et renforcer la conservation des ressources forestières au profit des générations présentes et futures.
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