Une délibération sur 100 ha met le feu aux poudres à Bokidiawé
Dans la commune de Bokidiawé (département de Matam), plusieurs propriétaires terriens s’opposent au maire Kalidou Wagué, l’accusant d’avoir adopté une délibération concernant 100 hectares de leurs terres sans consultation. Ces contestations ont provoqué un climat tendu, la mairie justifiant la décision par un projet de développement urbain validé, en concertation avec les acteurs locaux, notamment les chefs de village. L’absence de dialogue entre les parties menace la stabilité sociale dans la commune.
Un projet de lotissement initié par la mairie suscite une vive opposition de la part des populations locales, particulièrement les propriétaires terriens d'Asndé, un espace de terre situé entre les localités de Mboloyel et Bokidiawé. Ils accusent « les autorités municipales de vouloir s'approprier leurs terres sans consultation préalable ni respect des droits coutumiers ».
La situation avait atteint un point critique en 2021, lorsque des manifestants avaient déchiré la feuille de délibération municipale et protesté vigoureusement contre ce qu’ils perçoivent comme une tentative d’expropriation. Ces mobilisations avaient dégénéré en affrontements avec la gendarmerie, entraînant plusieurs arrestations parmi les protestataires.
Près de cinq ans plus tard, le conflit refait surface lors d’une manifestation tenue dans la commune de Bokidiawé, où les participants, portant des brassards rouges, ont vivement dénoncé la décision du maire. Les leaders du mouvement, parmi lesquels Malick Diaw et Ibrahima Ndom, fustigent l'absence de consultation des propriétaires fonciers avant toute délibération sur le lotissement.
Ils expriment un sentiment profond d’injustice et réitèrent leur détermination à protéger leurs terres, qu'ils considèrent comme un héritage familial et communautaire menacé par ce qu’ils qualifient de gestion foncière unilatérale. Leur crainte principale demeure une perte définitive de ces terres, ce qui, selon eux, pourrait engendrer un conflit durable en raison de l’ignorance des réalités locales.
En réponse, Baba Diawara, représentant du maire et président de la Commission domaniale, rejette fermement ces accusations. Il estime que certaines revendications manquent de cohérence, notamment celles émanant de propriétaires ayant déjà cédé leurs terres. Diawara soutient que la délibération municipale validant l’utilisation des 100 hectares a été adoptée à l’unanimité, suite à une consultation impliquant les chefs de villages.
Alors que la mairie reste résolue à poursuivre son projet de développement urbain sur ce site qui accueille déjà le lycée et prévoit l’installation d’un marché central, un hôtel de ville et plusieurs infrastructures de base, les tensions s’exacerbent entre les deux parties.
Tout en affirmant leur opposition à ce qu’ils qualifient d’« accaparement » foncier, les manifestants appellent l’Exécutif régional à intervenir en tant que médiateur pour éviter que ce différend ne débouche sur un conflit irréversible.
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