Mort d'un important baron de la drogue au Mexique : Ses partisans sèment le chaos dans plusieurs villes du pays
La mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a replongé le Mexique dans une spirale de violences qui ravive les inquiétudes sécuritaires à quelques mois de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Alors que le pays s’apprête à accueillir l’un des plus grands événements sportifs de la planète, les scènes de chaos observées dans plusieurs États interrogent sur la capacité des autorités à garantir un climat de stabilité durable.
Une opération coup de poing aux lourdes conséquences
Chef du redouté Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), El Mencho était considéré comme l’un des criminels les plus recherchés du pays. Grièvement blessé lors d’un échange de tirs avec les forces spéciales dans l’État de Jalisco, il est décédé durant son transfert vers Mexico.
Si l’opération a été saluée par le gouvernement comme un succès stratégique, ses conséquences ont été immédiates : une vague coordonnée d’attaques a éclaté dans une vingtaine d’États mexicains.
Barrages enflammés, bus incendiés, routes bloquées par des clous et des pointes métalliques, commerces et banques réduits en cendres… Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des colonnes de fumée s’élevant au-dessus de plusieurs villes, transformant temporairement certains centres urbains en zones quasi insurrectionnelles.
À Guadalajara, l’une des villes retenues pour accueillir des matchs du Mondial 2026, la panique s’est brièvement emparée de l’aéroport. Des voyageurs ont été vus courant pour se mettre à l’abri après des rumeurs de coups de feu entendus près d’une autoroute voisine.
Les autorités ont rapidement démenti toute fusillade à l’intérieur du terminal, mais l’épisode illustre la fragilité du climat sécuritaire dans une métropole appelée à recevoir des milliers de supporters internationaux.
À Puerto Vallarta, destination touristique majeure du Pacifique, les scènes ont pris une tournure spectaculaire : véhicules incendiés, fumée noire dans plusieurs quartiers, vols annulés et près de 300 voyageurs bloqués à l’aéroport.
Les touristes ont été invités à rester confinés, certains décrivant une atmosphère « digne d’une zone de guerre ». Un convoi sécurisé a été mis en place pour transférer les visiteurs vers le centre-ville sous escorte policière.
Les événements rappellent la crise de 2019 à Culiacán, lorsque l’arrestation d’Ovidio Guzmán López, fils de Joaquín Guzmán, avait provoqué des affrontements d’une intensité telle que les autorités avaient dû le relâcher pour éviter un bain de sang.
Depuis, les représailles violentes des cartels après des arrestations de haut niveau sont devenues un risque systémique que les autorités doivent anticiper.
Un défi sécuritaire majeur avant le Mondial 2026
Le gouvernement mexicain, dirigé par la présidente Claudia Sheinbaum, a décrété un « code rouge » dans l’État de Jalisco. Transports publics suspendus, rassemblements annulés, présence policière renforcée : l’objectif est clair, reprendre le contrôle et rassurer la population comme la communauté internationale.
Si 90 % des barrages ont été levés et 25 personnes arrêtées, la tension reste vive dans les bastions du CJNG.
Or, le Mexique ne joue pas seulement sa stabilité intérieure : il joue aussi sa crédibilité internationale. La Coupe du monde 2026, coorganisée avec les États-Unis et le Canada, représente une vitrine mondiale. Les villes hôtes mexicaines devront démontrer qu’elles peuvent offrir un environnement sécurisé aux délégations, aux supporters et aux investisseurs.
La capture d’El Mencho constitue indéniablement un coup dur porté au crime organisé. Mais la flambée de violences qui a suivi met en lumière un défi structurel : comment neutraliser les grands cartels sans déclencher de représailles massives susceptibles de ternir l’image du pays ? À quelques mois du Mondial, la question sécuritaire dépasse le simple cadre national. Elle devient un enjeu diplomatique et stratégique.
Le Mexique devra prouver que ces violences restent des épisodes circonscrits et que l’État conserve la maîtrise du terrain. Car au-delà du football, c’est la confiance du monde entier qui est en jeu.
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