« Les Américains n’ont pas voté pour ça ! » : même chez ses partisans, la guerre en Iran menée par Trump commence à agacer
Après avoir fait campagne pour la paix pour revenir à la Maison-Blanche, Donald Trump a lancé une guerre avec Israël contre l’Iran. Une contradiction, à quelques mois des élections de mi-mandat, qui pourrait mettre en difficulté le camp du président américain.
La promesse de Donald Trump de mettre fin aux guerres au Proche-Orient et en Ukraine a décidément bien mal vieilli. Il l’avait claironnée durant toute la campagne présidentielle américaine et, en novembre 2024, à peine élu, il en avait fait un engagement solennel. Malgré son objectif d’y mettre un terme « en moins de 24 heures », le conflit entre Kiev et Moscou est pourtant entré fin février dans sa cinquième année. Quant au Moyen-Orient, le locataire de la Maison-Blanche y a déclenché, avec l’aide de son allié israélien, une guerre contre l’Iran, provoquant la panique dans toute la région et perturbant le commerce international.
Ce nouveau conflit est nettement rejeté outre-Atlantique : 27 % des Américains affirment approuver l’offensive israélo-américaine contre le régime de Téhéran et 43 % disent la désapprouver, selon un sondage Ipsos pour Reuters.
Surtout, Donald Trump met à l’épreuve ses partisans du mouvement Maga (Make America Great Again), qui n’ont pas hésité à critiquer assez vivement ses choix, et plusieurs Républicains, qui devront dans quelques mois retourner devant les électeurs lors des élections de mi-mandat.
D’après l’enquête d’Ipsos, réalisée avant le retour samedi des corps des six soldats américains tués, à peine la moitié des Républicains (55 %) approuvent les frappes, 13 % les désapprouvent et 32 % se disent indécis.
« Les Américains ne veulent pas de cette guerre »
« L’Amérique est en guerre. Mais les Américains ne veulent pas de cette guerre. Ils n’ont pas voté pour. En fait, ils ont voté pour exactement le contraire », a ainsi lancé Rand Paul auprès de Fox News cette semaine.
Le sénateur républicain du Kentucky a été le seul mercredi à soutenir une résolution démocrate pour limiter les pouvoirs de Donald Trump au sujet de l’offensive israélo-américaine. À la Chambre des représentants, deux Républicains ont fait de même : Thomas Massie et Warren Davidson.
D’autres élus ont signalé que leur soutien pourrait s’affaiblir si la guerre s’éternisait. Interrogé par le média The Hill, le député du Tennessee Tim Burchett a expliqué qu’il était « inquiet » que l’opération puisse se transformer en un conflit sans fin, appelant la population américaine à « rester impliquée ».
Même son de cloche pour Kevin Kiley, élu en Californie. Selon lui, « la meilleure issue possible pour les États-Unis et nos alliés » serait « l’accomplissement rapide et efficace de la mission ».
Le scepticisme ne se ressent pas seulement au Congrès. Sur les réseaux sociaux, les membres de Maga et soutiens idéologiques de Donald Trump n’hésitent pas à s’exprimer. Ancienne élue de Géorgie à la Chambre des représentants, Marjorie Taylor Greene a ainsi dénoncé les frappes.
Le podcasteur antisémite et suprémaciste Nick Fuentes a quant à lui affirmé qu’il votera démocrate en novembre prochain. « Trump a trahi les partisans de Maga et du slogan America First », a-t-il jugé sur X. « Si vous continuez à voter (pour les Républicains) après qu’ils nous ont entraînés dans une guerre avec l’Iran, alors vous voterez pour absolument n’importe quoi ? »
Le président américain a « un mois maximum »
La guerre « n’est pas menée au nom d’un objectif de sécurité nationale. C’est la guerre d’Israël », a de son côté estimé l’ancien présentateur de Fox News Tucker Carlson, qualifiant l’attaque de l’Iran « d’absolument répugnante et malveillante ». À l’inverse, Laura Loomer a salué l’opération américaine. « Je défendrais bec et ongles les États-Unis et Donald Trump », a-t-elle écrit sur X.
Interrogée par ABC News, Natalie Winters, correspondante à la Maison-Blanche pour le podcast War Room de Steve Bannon, estime que le président américain a « un mois maximum » pour ne pas se détacher de ses électeurs. Sauf que, déplore-t-elle, « aucun commentaire public n’a été fait ces derniers jours pour me rassurer quant au fait que ce conflit ne dégénérera pas (en guerre sans fin). »
« Nous aimons Trump, mais il est légitime de demander des éclaircissements », dit Natalie Winters. « Si cela dégénère en un autre conflit interminable, ce n’est pas ce pour quoi nous avons voté », résume-t-elle.
Début mars, Pete Hegseth, a refusé d’indiquer la durée prévue des opérations contre l’Iran, mais a rejeté l’idée que les États-Unis s’engageaient dans un « bourbier ». « Le président Trump a toute latitude pour évoquer combien de temps cela pourrait prendre ou non. Quatre semaines, deux semaines, six semaines. Ça pourrait augmenter, ça pourrait diminuer », a-t-il déclaré.
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