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Affaire Hissène Habré : Les Cae suspendues aux humeurs de Ndjamena

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Les Chambres africaines extraordinaires (Cae) prennent à témoin l’Unité africaine et le Président Macky Sall sur le flou entretenu par Ndjamena dans le transfèrement des co-responsables de Hissène Habré.

Les Chambres africaines extraordinaires (Cae) seraient-elles à la croisée des chemins ? Un an après le placement sous mandat de dépôt de Hissène Habré (02 juillet 2013), la juridiction dirigée par le magistrat Mbacké Fall peine à organiser correctement le procès de l’ancien Président tchadien, accusé de crime de guerre, crime contre l’Humanité et crime de tortures. En cause, ce qui ressemble à un refus implicite de Ndjamena de satisfaire aux exigences des Cae quant au transfèrement des présumés coresponsables de Habré. Arrêtés les 14 mai et 3 juillet 2013, Mahamat Djibrine «El Djonto» et Younouss Saleh, l’ancien directeur de la police politique, sont détenus dans les geôles de Deby sans aucune décision de transfèrement vers Dakar. Acte pourtant clé de la procédure d’instruction. Pis, l’Etat tchadien aurait, d’après des sources proches de l’affaire, décidé d’ouvrir un procès à l’encontre de ces mis en cause pour des faits similaires. Autant dire que Ndjamena a, peut-être, décidé de régler ses propres comptes, faisant ainsi fi des Chambres africaines extraordinaires et de son statut. «La question qui taraude l’esprit des magistrats-instructeurs est celle de savoir si l’enquête doit résolument se poursuivre en faisant abstraction d’un hypothétique transfert», soufflent les mêmes sources.

Réponse du berger à la bergère. La Chambre d’instruction et la Chambre d’accusation des Cae ont, tour à tour, déclaré irrecevable la demande faite par l’Etat tchadien de se constituer partie civile dans ce procès contre Habré. Le crime de pillage brandi n’étant pas visé dans l’inculpation de la Chambre d’accusation, encore moins dans le contenu du réquisitoire introductif du Procureur spécial. En réponse, Ndjamena a, à son tour, décidé d’entretenir le flou sur sa promesse. Les autorités politiques tchadiennes s’étaient en effet engagées en juin 2013, devant la communauté internationale, à remettre les prisonniers aux Cae. Aujourd’hui, à quatre mois du deadline de la clôture de l’instruction du dossier de Hisséne Habré, les autorités des Cae font toujours face à ce point d’achoppement entre Dakar et Ndjamena. Il se susurre, dans les coulisses des Cae, que l’Etat tchadien tente le forcing en mettant sur la table l’argument des faits nouveaux pouvant mener à asseoir le crime de pillage, donc sa constitution comme partie civile. Ce qui, à coup sûr, retarderait de plusieurs mois l’ouverture d’un procès qui prend des allures de gouffre financier.

AÏDA KÂNE (STAGIAIRE)

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Publié le: Mercredi 24 Septembre 2014

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