Tribunal de grande instance hors classe de Dakar — verdict falsification notes FLSH
Le verdict est tombé dans l'affaire de falsification des notes au département de lettres modernes, à la Faculté des lettres et sciences humaines. Le coupable, Doudou Faye, a été condamné à 2 ans de prison ferme et à un million d'amende par le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, lors d'une audience correctionnelle tenue le 9 avril 2026. Il est reconnu coupable, entre autres, de corruption et d'accès et de maintien frauduleux dans un système informatique entraînant une modification de données.
Quant à l'étudiant Victor Mathieu Moundor Diouf, il est reconnu coupable de complicité des mêmes faits et condamné à un an de prison ferme et à 500 mille d'amende. Le tribunal a, en outre, fixé la contrainte par corps au maximum.
Le scandale a éclaté en mars 2025. Doudou Faye, chargé de la gestion des bases de données, changeait les notes des étudiants contre de l'argent ou du sexe. Informé, le doyen d'alors, Alioune Badara Kandji, actuel recteur de l'UCAD, en plus de saisir le conseil de discipline de l'UCAD, avait aussi porté plainte à la division de la cybersécurité.
À ce moment, l'étudiant Victor Mathieu Moundor Diouf bénéficiait d'une mobilité Erasmus+ en Allemagne. « Quand nous avons reçu l'information de son implication, nous avons saisi l'université d'accueil dans ce pays pour lui demander de rompre le partenariat et de le faire revenir », précisait l'ancien doyen Kandji dans un entretien téléphonique avec Le Soleil. L'étudiant a été cueilli, selon Libération, à l'aéroport Blaise-Diagne à son retour de voyage, le 4 mars 2025, et placé sous mandat de dépôt. Un mandat d'arrêt international avait été émis contre le cerveau de l'affaire, Doudou Faye, qui avait pris la fuite. Lui aussi sera finalement arrêté.
Ce verdict sonne comme un avertissement à tous ceux qui seraient tentés par des pratiques pareilles, notamment à l'université. En décembre dernier, Seneweb a révélé un scandale de « falsification de notes » en licence 2 du département génie électrique de l'École supérieure polytechnique (ESP).
« Des étudiants dûment convoqués en session de rattrapage ont délibérément décidé de ne pas composer dans certains éléments constitutifs (EC) ou matières et se sont quand même retrouvés avec des notes malgré leur absence non justifiée. Des étudiants non convoqués, pour certains EC, à la session de rattrapage, se sont également retrouvés avec des notes », soulignait Thiebeu Ndiaye, journaliste de Seneweb, qui se demandait à l'occasion « comment un étudiant absent à une épreuve d'examen peut-il se retrouver avec des notes ? ».
Certains étudiants, malgré l'absence de ces notes, avaient quand même 60 crédits. D'après notre confrère, tout ceci a eu lieu « sous la complicité agissante du chef du département de génie électrique (GE), Mamadou Lamine Ndiaye, par ailleurs professeur titulaire spécialiste en physique énergétique et énergie solaire, et de certains enseignants-chercheurs du département ».
Peut-être que le verdict de 2 ans de prison ferme sera assez dissuasif pour faire revenir à la raison les auteurs ou ceux qui seraient tentés par des pratiques de ce genre.
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