Stratégie de diversion : Les avocats de Seydou Kane dénoncent un « complot » pour masquer un détournement massif
À travers une sortie médiatique musclée ce mardi 5 mai 2026, le collectif des avocats de Seydou Kane a entrepris de « déconstruire » ce qu’il qualifie de « confusion savamment entretenue » dans le litige opposant AEE Power à l’ASER. Pour Me Abdou Dialy Kane, il est urgent d’éclairer la lanterne des Sénégalais sur les véritables enjeux d’un dossier aux multiples ramifications.
L'avocat a profité de l'occasion pour déplorer le climat des affaires au Sénégal : « Dans tous les pays, les hommes d’affaires accompagnent l’économie. C’est ce que Seydou Kane, en tant que patriote, a fait pour son pays. Malheureusement, on tente de le jeter en pâture sans aucun fondement légal. »
L’ombre persistante de « l’Asergate »
Me Boubacar Koïta a, pour sa part, replongé le débat dans l’origine du scandale : l’affaire dite « Asergate ». Selon lui, une stratégie de brouillage a été mise en place pour diluer les responsabilités, invoquant la maxime de Charles Pasqua : créer « une affaire dans l’affaire ».
La défense soutient que plusieurs projets — AEE Power, Intermat ou encore Passant — ont été amalgamés de manière artificielle. « Le nom de Seydou Kane a été introduit pour focaliser le débat sur un individu plutôt que sur les faits matériels », a insisté Me Koïta.
Un « porteur de projet » écarté après le décaissement
Les conseils de l’homme d’affaires décrivent Seydou Kane comme le « structurant » du projet qui a permis de mobiliser des financements auprès de partenaires espagnols. En juin 2024, le projet franchit une étape décisive avec le versement d’une avance de démarrage de 56 millions d’euros (environ 37 milliards FCFA), sous garantie souveraine de l’État du Sénégal.
C’est précisément à ce moment que les ennuis commencent. Les avocats dénoncent l’éviction brutale de la structure sénégalaise liée à Seydou Kane alors que les fonds étaient déjà sécurisés. « Dans quelle logique écarte-t-on celui qui a structuré le projet une fois l’argent décaissé ? », s’est interrogé Me Koïta.
Bras de fer autour de la régulation et gel du financement
Face à cette éviction, la partie sénégalaise a saisi l’organe de régulation des marchés publics. Cependant, la société étrangère et l’ASER auraient contesté la compétence de l’instance nationale. Inquiètes de voir que les fonds ont été décaissés sans que les travaux ne démarrent, les institutions financières espagnoles ont fini par suspendre le financement.
Pour les avocats, le constat est sans appel : « Des fonds colossaux ont été engagés sans qu’on puisse établir leur utilisation, ni constater le moindre début d'exécution sur le terrain. »
« Où sont passés les 37 milliards ? »
Au cœur de l’argumentaire de la défense, une question revient en boucle : le devenir des 37 milliards de francs CFA. « On tente de distraire l'opinion avec des accusations de faux portant sur 900 millions, mais on reste silencieux sur des montants bien plus importants », a fustigé Me Koïta.
Dénonçant une inversion des priorités, la défense de Seydou Kane appelle à recentrer le débat sur la traçabilité des deniers publics. « La seule question qui vaille aujourd’hui est simple : où est passé l’argent du contribuable sénégalais ? », a conclu Me Koïta, invitant les citoyens et les organes de contrôle à suivre la trace de ce virement massif.
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