Ziguinchor : procès de Papis Assine, les confidences d’un ancien soldat de César Atoute Badiate
La Chambre criminelle de Ziguinchor a examiné, ce mardi, le dossier de J.C. Sambou, plus connu sous le sobriquet de « Papis Assine ». L'Observateur, qui a assisté à l'audience, rapporte que ce jardinier de 46 ans au physique paisible est aujourd'hui rattrapé par 17 années passées au sein du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Il répond des chefs d’association de malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel et détention illégale d'armes.
Un arsenal caché dans un verger
Dans cette affaire, tout bascule le 7 mai 2022, rembobine la même source. Lors d'une surveillance aérienne du 23ᵉ Bataillon de reconnaissance (BRA) dans la zone de Séléty, les militaires repèrent un sac suspect dans un verger. À l'intérieur : des crosses de fusils et des mécanismes de détente artisanaux. Informé de la perquisition, J.C. Sambou se présente spontanément au camp militaire, donnant l’impression de se rendre.
Des confidences « glaciales » sur le maquis
Lors de son arrestation, l'homme se montre d'une franchise déconcertante. Il avoue avoir intégré la rébellion en 2002 et côtoyé des figures telles que César Atoute Badiate ou Salif Sadio. Ancien homme de confiance du chef rebelle Paul Alokassine Bassène, il détaille l’organisation et le fonctionnement de la base de Kassolole, forte de 400 combattants. Il affirme avoir fui le maquis en 2015, car «soupçonné d'être un espion à la solde de César Atoute Badiate», appuie-t-il, pour se reconvertir discrètement dans l'élevage et l'horticulture.
Le revirement total à la barre
À la barre, l'accusé se rétracte, niant l'intégralité des faits. Ce revirement est fustigé par le procureur Ousmane Ndiaye, qui voit en lui un « soldat de la mort » tentant de manipuler la justice.
Pour sa part, la défense, assurée par Me Djiby Diagne, a plaidé la fragilité de son client. L'avocat a minimisé la découverte de « vieilles armes rouillées » dans un verger, arguant qu'elles ne constituaient pas une menace sérieuse et que l'accusé cherchait simplement à enterrer son passé.
Le tribunal a mis l'affaire en délibéré. La décision sera rendue le 8 avril prochain, conclut le quotidien du Groupe futurs médias.
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