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Affaire Softcare : Quel sort pour le ministre de la Santé ?

Auteur: SenewebPost

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Affaire Softcare : Quel sort pour le ministre de la Santé ?

Le directeur de l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP) a été limogé le mercredi dernier en Conseil des ministres. Il a sans doute été emporté par l’affaire Softcare. Après des mois d’inaction, voilà enfin une décision.

Mais la tête du DG de l’ARP doit-elle être la seule à tomber ? Le devoir de vérité et la nécessité de préserver la santé publique recommandent d’aller plus loin et de remonter toute la chaîne de responsabilité.

L’ARP avait affirmé que l’entreprise chinoise Softcare avait utilisé de la matière périmée dans la fabrication des couches et serviettes hygiéniques, avant de se dédire. Ce qui a occasionné une fronde de la part des inspecteurs ayant mené l’enquête.

Depuis lors, un malaise s’est installé à l’ARP. Mais sitôt le directeur général de l’ARP limogé mercredi, on apprend, le jeudi, que le ministre de la Santé a démis de ses fonctions le docteur Moussa Diallo, qui était à la tête de la Direction de l’inspection pharmaceutique, de la surveillance du marché et des vigilances. D’où l’indignation du député Tahirou Sarr, qui parle de « partisanerie manifeste ».

Cette attitude traduit en réalité un autre malaise : celui du ministre de la Santé. Face à la polémique, Ibrahima Sy avait promis la vérité aux Sénégalais. Mais sa sortie a jeté encore plus de doute et soulevé davantage d’interrogations. Le ministre a pris fait et cause pour Softcare, tout en livrant les inspecteurs de l’ARP, mains et pieds liés.

Ce comportement du ministre a suscité la méfiance de plus d’un. L’Assemblée nationale ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a annoncé la poursuite de sa mission d’enquête parlementaire, malgré les conclusions définitives d’Ibrahima Sy. Cette défiance des députés à l’encontre d’un ministre appartenant à leur parti en dit long sur les suspicions.

En vérité, le ministre de la Santé n’a donné aucun gage d’impartialité. Durant la période d’expertise engagée par son département, aucune mesure conservatoire n’a été prise contre Softcare. Le produit est resté sur le marché alors qu’il y avait de sérieux doutes sur sa qualité. Ce qui laisse croire que le ministre Ibrahima Sy et son collègue du Commerce, Serigne Guèye Diop, semblent avoir mis en avant la logique économique au détriment de la santé des Sénégalais.

D’ailleurs, Softcare se sent pousser des ailes face à la bienveillance des autorités. Non seulement l’entreprise a initié une offensive publicitaire, mais elle investit également le terrain judiciaire. Depuis plus d’une semaine, ces spots publicitaires passent à des heures de forte audience à la télévision. Ce qui interroge sur la responsabilité des médias, censés protéger les faibles contre les forts.

Dans le contexte actuel, un média soucieux de la vérité et de l’intérêt général devrait s’interdire de diffuser une publicité de Softcare en attendant d’y voir plus clair. La presse devrait même pousser davantage l’exigence de transparence afin d’obliger les autorités à révéler toute la vérité dans cette affaire.

Certes, cette affaire n’est pas la CAN, mais les Sénégalais ont tout intérêt à ce que le peuple ne soit pas déclaré forfait et que le trophée ne soit pas attribué à l’industriel.

Auteur: SenewebPost
Publié le: Vendredi 20 Mars 2026

Commentaires (5)

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    Khadi il y a 1 jour
    Le fautif c'est le ministre. Il sait bien pourquoi il soutient softcare de peur d'être vilipendé car in chinois dés qu'il remet un cadeau, forcément tu lui accorde un faveur et le defend bec et ongle.
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    Alassane il y a 1 jour
    Il a très mal géré cette affaire. Il y a des suspicions de connivence avec le DG de l'ARP qui a été surement corrompu par l'entreprise Softcare.
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    Momo2 il y a 1 jour
    Combien de fois des médicaments ont été retirés du marché après avoir causé des préjudices ? Est-ce que les firmes concernées ont pour autant fermé boutique ? Idem pour les véhicules par exemple, il est arrivé maintes fois que des séries soient rappelées après des incidents ou même de graves accidents. Même des avions ont été modifiés après des catastrophes aériennes ayant causé des centaines de morts. À chaque fois, est-ce que les constructeurs disparaissent ? Même chez les petites boutiques, quand des produis périmés sont constatés par le service d’hygiène, il y a une sanction ponctuelle cependant la boutique n’est pas fermée pour autant ! Mais dans cette affaire de Softcare, est-ce qu’on a suffisamment documenté et mesuré les effets de son produit sur la santé des utilisateurs, ainsi que leur ampleur dans la population générale ? Il faut des données scientifiques, et retracer rigoureusement les produits incriminés s'il en existe. Je travaillais dans la distribution d’eau, mais des échantillons bactériologiques non sains entraînent des traitements et éventuellement des correctifs, sans pour autant arrêter le service. Loin de moi une velléité de vouloir défendre la société chinoise, mais j’ai l’impression que le système politicien déchu résiste fortement en sabotant de l’intérieur, pour saper le moral des populations et empêcher toute réussite du nouveau pouvoir. Tout est exagéré, stigmatisé à outrance. Pour moi il faut supprimer ces agences et ériger des directions fortes au seins des ministères. Les libéraux ont déréglé ce pays, Wade a érigé les services en direction, des directions en directions générales, des cellules en agences, tout ceci pour augmenter les salaires de façon détournée alors que le volume de travail n'a pas augmenté. Il a doté des fonctionnaires de grosses voitures très coûteuses qui enrichissent des fournisseurs complices sortis du néant. Ces véhicules sont banalisés et coûtent au contribuable les yeux de la tête. En retour, il n'y a aucun impact positif aucune amélioration sensible et mesurable sur la productivité et sur la satisfaction des usagers. Le goût du luxe et du gain facile à gangrené les dirigeants de ce pays, une élite pervertie par le gain, l'Elite supposée tirer ce pays vers le haut, s'ériger en modèle de droiture, de sobriété et de développement, s'est retrouvé totalement en faillite du fait de la politique, parasitée et infestée par des vauriens qui se sont enrichis par leur grandes gueules. Dès lors, la tentation est grande pour les méritants de ne pas se faire dominer par des ignares enrichis par le raccourci politique, qui n'ont aucun mérite, aucune qualification, aucun parcours. Ils finissent par faire comme eux, et c'est dommage !
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    Albert Sarr il y a 1 jour
    Un produit périmé on ne le stocke pas et on ne l'analyse pas. On le détruit. Ce ministre n'a pas sa place dans ce gouvernement. Il doit être démis et même jugé pour complicité
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    Un lion il y a 1 jour
    Symboles, souveraineté sportive et responsabilité fédérale : une polémique révélatrice La présente controverse autour des maillots de l’équipe nationale du Sénégal met en lumière bien plus qu’un simple débat esthétique. Elle soulève des questions fondamentales liées à la gouvernance du football sénégalais, à la symbolique nationale et à la responsabilité des dirigeants sportifs vis-à-vis du peuple. Au cœur de cette polémique se trouve Abdoulaye Saydou Sow, actuel secrétaire général de la Fédération Sénégalaise de Football. Ses déclarations, notamment sur l’antériorité de la commande des maillots avant la dernière Coupe d’Afrique des Nations, peinent à convaincre les moins cultivés en matière sportive. En effet, comment justifier qu’un équipementier ou une fédération nationale conçoive un maillot ne reflétant pas les ambitions sportives affichées, notamment celle de conserver un titre continental durement acquis ? Dans le football moderne, les symboles ont un poids considérable. Les étoiles sur un maillot ne sont pas de simples éléments graphiques : elles incarnent des victoires historiques, des sacrifices collectifs et une fierté nationale. Dans ce contexte, présenter un maillot qui ne reflète pas pleinement le palmarès récent du Sénégal peut être perçu comme une forme de négligence, voire de déconnexion avec le sentiment populaire. Cette situation intervient dans un climat de rivalité sportive accrue, notamment avec le Maroc et la CAF. Toute approximation dans la gestion de l’image ou de la communication peut alors être interprétée comme un manque de fermeté et même de sérieux. Par ailleurs, les critiques formulées traduisent un malaise plus profond au sein de l’écosystème du football national. Elles posent la question de la légitimité, de la transparence et des méthodes de gouvernance au sein des instances dirigeantes. Au-delà des personnes, c’est la crédibilité institutionnelle qui est en jeu. La communication récente de la fédération, jugée insuffisamment ferme par certains observateurs, renforce l’impression d’une gestion prudente, voire hésitante, dans un contexte où une posture claire et assumée aurait été attendue. Face à cette situation, plusieurs voix appellent à une réaction des joueurs eux-mêmes, considérés comme les premiers dépositaires de l’honneur sportif national. D’autres évoquent une mobilisation citoyenne pour exiger des réformes profondes au sein de la fédération voire la démission de l'actuelle équipe fédérale. Le football sénégalais, fort de ses succès récents, mérite une gouvernance à la hauteur de ses ambitions. Cela implique rigueur, transparence, anticipation et surtout une compréhension fine de l’importance des symboles dans la construction d’une identité sportive forte. En définitive, cette polémique autour d’un maillot révèle une exigence croissante des Sénégalais envers leurs institutions sportives. Une exigence légitime, à laquelle les dirigeants devront répondre avec responsabilité et cohérence en démissionnant.

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