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Appréciation, dépréciation et redistribution : le dilemme des politiques de change

Auteur: Aicha Fall.

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Appréciation, dépréciation et redistribution : le dilemme des politiques de change

Les politiques de change ont des impacts différents selon le sens des variations de la monnaie nationale. Une appréciation du taux de change réduit le coût des importations et profite aux consommateurs ainsi qu’aux entreprises dépendantes de matières premières importées. Cependant, elle peut nuire aux exportateurs en rendant leurs produits plus chers sur les marchés internationaux, ce qui pèse sur la compétitivité et peut réduire les revenus du secteur industriel ou agricole destiné à l’exportation.

Nuance, dans les régimes de change fixes comme celui de l’UEMOA arrimé à l’euro, cette appréciation est souvent subie plutôt que choisie, ce qui limite la marge de manœuvre des autorités monétaires mais protège le pouvoir d’achat des ménages.

Inversement, une dépréciation rend les exportations plus attractives et stimule l’activité des secteurs tournés vers l’extérieur, mais elle renchérit le coût des biens importés, notamment les produits de première nécessité et l’énergie. Cette situation peut provoquer une pression sur l’inflation et affecter directement le pouvoir d’achat des ménages, en particulier dans les pays où l’importation couvre une part importante de la consommation.

Nuance, dans les régimes de change flexibles comme au Nigeria ou au Ghana, la dépréciation est un instrument d’ajustement externe mais expose davantage les consommateurs urbains aux hausses de prix, accentuant les inégalités sociales.

En Afrique de l’Ouest, les importations représentent en moyenne 40 % à 50 % du PIB pour certains pays, ce qui rend les variations du taux de change sensibles pour l’ensemble de l’économie. Les gouvernements doivent donc arbitrer entre maintenir une monnaie stable pour protéger le pouvoir d’achat et accepter une dépréciation ciblée pour soutenir les exportateurs et la compétitivité extérieure.

Nuance redistributive, les exportateurs agricoles et industriels bénéficient d’une dépréciation, tandis que les ménages modestes, dépendants des biens importés, en subissent les coûts. Ce dilemme illustre la tension entre compétitivité externe et justice sociale.

La réussite de cette politique dépend aussi de la coordination avec les mesures fiscales et la politique monétaire. Un pilotage efficace combine gestion des réserves de change, interventions sur le marché monétaire et ajustements macroéconomiques pour limiter les effets négatifs sur l’inflation tout en soutenant les secteurs stratégiques et les objectifs de croissance durable.

Nuance finale, la Banque de France et la BCEAO rappellent que la discipline budgétaire et la transparence des interventions sont essentielles pour éviter que les politiques de change ne deviennent sources d’instabilité ou de redistribution inéquitable.

Auteur: Aicha Fall.
Publié le: Dimanche 30 Novembre 2025

Commentaires (1)

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    Pegasus il y a 3 heures

    C'est quoi la pertinence de cet article au regard de notre contexte ?
    Vous avez bien mentionné le régime de taux de change fixe, alors on vient faire quoi dans le dilemme.

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