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« Au nom du 'Projet", de la dette et de la sainte reddition des comptes : L'errance d'un pouvoir »

Auteur: Khady Ndoye

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« Au nom du 'Projet", de la dette et de la sainte reddition des comptes : L'errance d'un pouvoir »

Pape Mahawa Diouf, porte-parole adjoint de l’APR, s’insurge contre une prétendue lutte contre la corruption transformée en instrument de règlements de comptes. Face à des responsables politiques cloués au pilori médiatique avant tout jugement et des institutions républicaines attaquées, il estime que ce climat délétère fragilise l’État de droit. Entre souverainisme et dépendance au FMI, entre appartenance à la CEDEAO et sympathie pour l’AES, entre rejet de la France et appels à une coopération renforcée, la ligne est floue, parfois contradictoire : une telle ambiguïté traduit, selon lui, un manque de vision. Seneweb vous livre l’intégralité de sa déclaration afin de ne pas altérer sa pensée. 

"Bientôt deux années se sont écoulées, et le duo Bassirou Diomaye Faye - Ousmane Sonko semble naviguer à vue, incapable de dessiner une trajectoire claire pour le Sénégal. Au-delà des déclarations sensationnelles et des promesses révolutionnaires, où sont les actes tangibles ? Où se cache cet agenda si fameux, constamment évoqué mais jamais révélé ? L'errance gouvernementale est devenue la règle, et le cap, une énigme que personne ne peut résoudre.

Au nom du « Projet » : la grande illusion

On nous présente un Sénégal exsangue, retrouvé en « zone rouge », au « quatrième sous-sol », selon les termes du Premier ministre. La faute en incomberait exclusivement aux régimes passés. Certains, dans une outrecuidance sans borne, osent affirmer que si tous les dirigeants depuis l'indépendance avaient gouverné comme le PASTEF au pouvoir, le pays serait aujourd'hui développé. Prétention vertigineuse ! Vivons-nous dans le même pays ?

Au nom d'un « projet » que personne n'a jamais vu, dont nul ne connaît les contours, devrions-nous nous taire ? Accepter sans broncher que l'on efface d'un trait de plume l'œuvre et l'action de figures qui ont bâti cette nation : Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall, et tant d'autres ? Cette tentative de réécriture historique par des raccourcis vulgaires est inacceptable. Le Sénégal est le fruit de grands compromis, d'hommes d'État, d'intellectuels et de leaders religieux qui ont patiemment construit cette démocratie – la même qui vous a permis d'accéder au pouvoir.

Au nom de la dette : le naufrage annoncé

Argument suprême pour justifier par avance l'échec, la dette sert de prétexte à un renoncement généralisé. Pourtant, les audits des institutions nationales comme l'IGF et la Cour des Comptes n'ont pas suffi ; il a fallu mandater un cabinet privé, Mazars, pour tenter de convaincre des partenaires devenus méfiants.

La communication gouvernementale calamiteuse sur nos finances a paniqué les marchés. Par indélicatesse et incompétence, elle a dynamité en quelques mois une réputation de sérieux bâtie sur des décennies. La conséquence fut immédiate et cinglante : l'agence Standard & Poor's a abaissé la note du Sénégal à « B » avec perspective négative, un précédent historique. Le FMI a suspendu son programme de 1,8 milliard de dollars.

Las de convaincre et après avoir accepté les injonctions les plus rudes (austérité, fin des subventions), le pouvoir change de narrative et s'attaque aujourd'hui au FMI, désormais accusé de complicité dans une « dette cachée ». Au nom de cette dette, on exige des Sénégalais qu'ils supportent le matraquage fiscal, la fin des filets sociaux (BSF, CMU, CESAME, bourses étudiantes) et la suppression des subventions sur les hydrocarbures et les denrées de base. Alors qu'une crise économique menace la stabilité du pays, c'est la capacité même de l'État à gouverner qui est en jeu.

La réalité derrière le discours : une économie à l'arrêt

Le discours sur la dette masque une réalité insidieuse : une économie étouffée par des décisions hasardeuses.

· Le monde agricole en crise : La campagne agricole s'annonce désastreuse. Prix des intrants explosés, distribution des semences en retard, soutien étatique inexistant. Face à la destruction des surfaces agricoles, comme dans la vallée de l'Anambé, l'État brille par un mutisme et un immobilisme déconcertants.

·Touba sous les eaux : La ville sainte est inondée comme jamais, et l'appel à l'aide du Khalife se heurte au refus des autorités de déclencher le plan ORSEC. L'abandon est sidérant.

· Le BTP asphyxié : pilier pourvoyeur d'emplois, le secteur est à l'arrêt. Blocage des chantiers, arriérés de paiement de l'État dépassant les 300 milliards FCFA, exode de la main-d'œuvre, entreprises étranglées qui licencient et ferment. Une autre indélicatesse aux conséquences sociales dramatiques.

· L'assassinat des médias : Sous couvert de restructuration, 381 organes de presse sont menacés de mort, jetant des milliers de travailleurs au chômage. Sabrer dans le financement des médias, c'est porter un coup bas à la démocratie sénégalaise. L'histoire s'en souviendra.

Mais le casse du siècle ne réussirait pas sans la sacro-sainte reddition des comptes

Derrière les effets d'annonce et la mise en scène spectaculaire de procès politiques se cache un dessein inavouable : soumettre l'État de droit et museler les libertés.

Au nom de la transparence, on a livré en pâture à une opinion publique surchauffée des acteurs politiques sans qu'aucun procès équitable n'ait encore eu lieu. Pire, au nom de cette même reddition, ce sont désormais les institutions républicaines elles-mêmes (Présidence, Cour suprême, Conseil constitutionnel) et leurs représentants (les magistrats), la presse et la société civile qui sont combattus. Les réflexes insurrectionnels de l'opposition ont survécu à l'accession au pouvoir. C'est inacceptable.

Conclusion : l'Imposture du « en même temps »

Rien ne semble les arrêter dans leur fuite en avant. Purges arbitraires, musellement des dissidents, emprisonnement de chroniqueurs, insultes publiques : tout y passe.

Et pendant ce temps, le pays navigue dans un flou artistique total. Nous ne sommes ni dans une économie libérale ni dans un développement endogène. Nous ne sommes plus souverainistes anti-FCFA, mais pas non plus en partenariat assumé avec les institutions de Bretton Woods, pourtant sollicitées. Nous sommes membres de la CEDEAO tout en sublimant les putschistes de l’AES. On demande à la France de « dégager » tout en lui réclamant un séminaire intergouvernemental.

Cette schizophrénie politique n'est pas une force ; elle est le symptôme d'une absence criante de vision. Le Sénégal, lui, trinque. 

Voilà pourquoi, il devient à la fois urgent et nécessaire que les forces vives du pays se dressent pour bâtir une alternative au destin chaotique qu’ils nous promettent".

Auteur: Khady Ndoye

Commentaires (21)

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    Irving il y a 11 heures

    Parfaitement bien dit. Merci Pape. Le pastef c’est l’imposture de l’histoire politique du Sénégal.

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    Rentrée des classes il y a 11 heures

    Calculatrices programme français sur expat Dakar

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    Ah bon? il y a 10 heures

    Merci kuluna

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    Pape il y a 3 heures

    Factuel et pertinent. Pastef est l’imposture du siècle

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    Blankagiga il y a 11 heures

    Mahawa Diouf se perd dans une rhétorique larmoyante, qui n'est qu'un écran de fumée pour cacher l'échec de son camp. Sa diatribe contre le "Projet" est une insulte à l'intelligence des Sénégalais et un signe de sa déconnexion totale de la réalité. Il prétend que le gouvernement "navigue à vue", mais il est le seul à ne pas voir le cap : celui de la rupture avec des décennies de pillage.
    Qualifier la reddition des comptes de "règlement de comptes" est la dernière ruse des corrompus. C'est l'aveu de leur peur. Le gouvernement ne fragilise pas l'État de droit, il le fortifie en montrant que personne n'est au-dessus de la loi, même les plus puissants.
    Quant à la prétendue "errance" sur les questions internationales, c'est la marque d'un souverainisme assumé. Le Sénégal refuse d'être un pion sur l'échiquier international. Il choisit ses partenaires et ses batailles en fonction de ses propres intérêts.
    Mahawa Diouf se plaint de la transparence, de la vérité et de la justice. Son discours n'est pas une "pensée", mais un soupir de l'ancien régime, qui voit son monde s'effondrer.
    Sénégal sunu reew

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    Niu il y a 10 heures

    Parfaitement. Et tu verras, ils seront nombreux à sortir ces prochains jours. Macky les a tous appelés pour qu'ils sortent. Ils vont faire des megas hors-sujets pour qu'on cesse de parler de la dette cahée que le Fmi vient de confirmer. Il est clair maintenant aux yeux du monde entier que Macky sall et sa sont non seulement des menteurs mais aussi assassins, voleurs, trafiquants de blanchiment d'argent... Il n'y a que les Sénégalais qui ne sont pas au courant.

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    Ibou il y a 11 heures

    Un autre se montre! Hana xalis bi moy wadja diekh!

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    Observer il y a 10 heures

    Tiens tiens , il est encore en politique pour ne pas dire en vie ce faquin!😷

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    leBaolbaol TIGUI il y a 10 heures

    uh homme dangereux

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    Logik il y a 10 heures

    Il a mis 6 mois avant de nous pondre ce torchon...

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    Alice il y a 10 heures

    Très bien dit.le projet c'est une arnaque.ils n' ont rien foutu à part parler

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    Alice il y a 10 heures

    Très bien dit.le projet c'est une arnaque.ils n' ont rien foutu à part parler

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    Ndandane. il y a 10 heures

    Un autre Voleur à attraper

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    Thierno il y a 10 heures

    Niaka diom la honte vous tue à petit feu après ce que vous avez fait à ce pays rien que des badola pauvres qui ont profité de leur situation pour s'enrichir avec leur clan politique familial. Vous devrez vous cacher mais la honte est votre identité

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    Paul il y a 10 heures

    Mawa semou diouf le ridicule ne tue pas vous pouvez pas ridiculiser les honnêtes hommes au pouvoir car vous de lapr durant votre règne le Sénégal a sombré votre sabotage ne marchera pas vous n’avez rien dans la tête à part des aigreurs dans vos pensées

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    laye il y a 10 heures

    pastef la plus grande arnaque politique que ce pays ait connu

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    Yves il y a 2 heures

    APR, les plus grands voleurs, assassins et crapules que le Sénégal n'ait jamais connu..

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    Amadou il y a 9 heures

    Un gouvernement qui avance dans le brouillard .
    Ce n’est grave , tout début est généralement difficile mais j’espère qu’avant 2029 ils verront le bon chemin

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    deug il y a 9 heures

    ki mom il doit raser les murs

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    JJJ il y a 9 heures

    LESS RATS COMMENCENT A SORTIR😂😂

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    Enfin il y a 7 heures

    Très belle analyse de la situation actuelle du Sénégal c'est toujours un plaisir de lire un sachant qui n'est pas dans des invectives

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    Dioufnul il y a 2 heures

    Ce Diouf est d'une nullité affligeante, même chatGPT ne peut rien pour lui.

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    sénégalais lambda il y a 45 minutes

    EN D'AUTRES LIEUX CES VOLEURS DE L'APR n'oseraient JAMAIS pointer le bout de leur nez! LES SENEGALAIS ont raison de dire que LA JUSTICE EST TROP LENTE pour arrêter ces VOLEURS DE L'APR.

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    HISTORIEN il y a 37 minutes

    Yén tamitt diapagou léne bénna sathie, gneupp gnou guéne teuyé gnou gui instruction,kénna jugé woul léne.

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    DiAXLÉ il y a 36 minutes

    La plus grande ARNAQUE dans l´histoire politique du Sénégal est l´accession de ces Gougnafiers aux commandes.
    Errance du Pouvoir. Le Gouverne-ment.

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    B il y a 13 minutes

    yaw tu l'as ferme amoulo compétence sonko est superieur à toi et à ton chef kulouna qui a fuit.

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