« Intellectuellement malhonnête » : Une ancienne députée de l'APR recadre sévèrement Ousmane Sonko
Ces propos sont de l'ancienne députée Maïmouna Sène, membre du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR). Revenant sur « un retrait commercial initié sous le régime du président Macky Sall », elle considère qu'il est intellectuellement malhonnête de présenter ce retrait comme une « victoire » de dernière minute.
Madame Sène rappelle que « la décision de Kosmos Energy de se retirer de Yakaar-Teranga au profit de l'État du Sénégal (via PETROSEN) a été actée dès novembre 2023. C'est sous la direction du président Macky Sall que les négociations ont été menées pour que PETROSEN augmente ses parts de 10 % à 35 %, faisant de l'État un acteur central bien avant le changement de régime ». Elle poursuit en précisant que « l’accord de sortie de Kosmos était une décision stratégique de l'entreprise pour se concentrer sur d'autres actifs, facilitée par un cadre légal attractif mis en place par l'ancien gouvernement ».
Pour la responsable de l'APR, « ce que le Premier ministre présente comme un "recouvrement" n'est rien d'autre que la finalisation administrative d'un processus déjà engagé ». Elle précise que « signer un arrêté ministériel pour entériner un accord de 2023 ne relève pas d'un acte de combat, mais de la continuité normale des affaires de l'État ». Elle estime que « s'approprier les succès du Plan Sénégal Émergent (PSE) tout en les dénigrant est une contradiction flagrante ».
Pour Maïmouna Sène, le terme « spoliation » est utilisé à des fins purement électorales. Elle rappelle que tous les contrats ont été publiés et sont accessibles : « Le Code pétrolier de 2019, voté sous notre majorité, a considérablement renforcé les intérêts nationaux. Les investissements massifs réalisés par les partenaires internationaux (BP, Kosmos) ont permis de transformer des ressources dormantes en richesses concrètes pour le futur du Sénégal ».
Pour l'ancienne parlementaire, plutôt que d'agiter des menaces de « renégociation » qui pourraient fragiliser l'image du Sénégal auprès des investisseurs internationaux et retarder le « First Gas », le gouvernement actuel devrait s'atteler à la gestion complexe de la production.
Le « populisme », aux yeux de l'ancienne députée, ne saurait tenir lieu de stratégie énergétique. Elle soutient que le bloc Yakaar-Teranga est effectivement « une chance pour notre pays, mais cette chance est le fruit de dix années de travail acharné, de prospection et de diplomatie pétrolière menée par le régime du président Macky Sall ». Mme Sène conclut : « Les Sénégalais ne sont pas dupes : on ne bâtit pas un avenir sur la réécriture de l'histoire ». Cheikh CAMARA (Correspondant à Thiès)
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