Migration irrégulière : Moussa Diakhaté prône la territorialisation de la commande publique pour inciter les jeunes à rester
L'avenir du monde se joue en Afrique. C’est un secret de polichinelle ! En effet, en raison de sa démographie jeune, de ses ressources minières stratégiques, de ses terres (60% des terres arables non cultivées de la planète) et de son potentiel de croissance économique, le continent est un acteur incontournable du 21e siècle dans l’échiquier mondial. Au même moment, des vagues de jeunes quittent le continent au péril de leur vie à la quête d’un eldorado qui n’en est plus un.
Ce paradoxe était au cœur des discussions lors d’un séminaire organisé, ce jeudi 29 janvier 2026, par la Commission Internationale des Droits de l'Homme - Fonds de secours (IHRC-RFT) sous le thème : « Jeunesse, migration et opportunités locales : rester et bâtir des avenirs résilients ».
Directeur exécutif du bureau/Sénégal de l’IHRC-RFT, l’honorable député Moussa Diakhaté a insisté de renverser la tendance du flux migratoire dans un contexte où l’Afrique est l’attraction de tous les marchés du monde. Ceci, notamment à travers des politiques incitatives en faveur de l’artisanat et de l’entreprenariat jeune.
« Nous avons constaté depuis quelques décennies que la frange la plus représentative, la plus dynamique de notre population commence à quitter le pays dans des conditions indignes. En notre qualité d’organisation internationale agissant sur les droits de l’homme, nous avons voulu poser le débat, inviter les acteurs pour ensemble diagnostiquer le problème et apporter des solutions », souligne-t-il d’emblée, revenant sur le sens de cette activité.
Selon lui, ce paradoxe s’explique par la désillusion des jeunes envers la manière dont les États africains sont gérés. Mais, il y a également la pression sociale et le manque d'opportunités qui font que l’horizon est très sombre pour de nombreux jeunes africains. « Il faut repenser notre modèle de formation et de l’adapter aux besoins de notre marché du travail. Mais aussi accompagner les diplômés et porteurs de projets qui sont au Sénégal. Que l’artisanat soit accompagné. Que l’informel soit structuré. C’est le devoir de l’État de promouvoir le consommer local », souligne-t-il.
L’ancien parlementaire prône à cet effet, la territorialisation de la commande publique afin de donner aux petites entreprises locales la chance de décrocher des marchés, comme le nouveau pouvoir l’avait préconisé à travers des artisans à la commande publique. « Pour moi l’enjeu c’est de doter nos artisans de moyens et de connaissances pour produire les meilleurs produits. Une fois que les petites entreprises locales se développeront, l’emploi suivra et la tendance migratoire va s’inverser », croit-il.
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