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Niveau des débats parlementaires : Et si Souleymane Ndéné avait raison

Auteur: Ibrahima ANNE

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La Constitution est pourtant claire là-dessus : l’Assemblée nationale vote les lois. Mais, depuis le début de la douzième législature, telle ne semble plus être la seule prérogative de notre chère et coûteuse Assemblée qui est devenue, en quelque cinq mois, l’instance de prédilection de propos et comportements en tous genres. Donnant ainsi raison à Souleymane Ndéné Ndiaye qui, entre autres justifications, se plaignait du très bas niveau des débats au sein de l’hémicycle. Et pourtant, cette Assemblée, dans le même sillage de la deuxième alternance, était annoncée comme celle devant opérer des ruptures majeures. Rupture dans la manière de se comporter. Rupture dans la manière de s’opposer. Rupture dans la façon de défendre ses convictions. Rupture dans l’attitude à avoir vis-à-vis de l’Exécutif. Une attitude faite de fermeté, d’opiniâtreté mais de courtoisie dans le discours, bref d’urbanité.

Depuis quelques semaines, tout le débat semble se réduire à une et une seule préoccupation : la traque des biens mal acquis. Comme si, par extension, les Sénégalais avaient, le 1er juillet dernier, donné mandat aux députés, en plus de la voter, de faire appliquer la loi. Si ce n’est pas une atteinte à la séparation des pouvoirs, cela en dégage un parfum nauséabond. Pour la gouverne de nos «honorables» députés, il appartient aux juges et aux juges seulement le pouvoir d’appliquer les lois. Toute interprétation autre que celle-là relève d’une usurpation de fonction que rien ne saurait justifier. Aujourd’hui, le spectacle est à la limite du tolérable. Au nom d’une rétrograde solidarité de groupe, les députés libéraux ont, toutes affaires cessantes, déserté l’hémicycle pour aller défendre Omar Sarr, convoqué, pour affaire le concernant, par la gendarmerie. Comme si le sort de Omar Sarr était plus important que le vote d’une loi qui engage la vie de toute une nation. Alors que l’on n’avait pas fini de pleurnicher sur cette gifle faite à la République, voilà que leurs pendants de la majorité en rajoutent une couche. Ils menacent, tout simplement, de lever l’immunité parlementaire des députés potentiellement «convocables» devant la justice. Du zèle, rien que du zèle, tout ça !

Les mêmes, la semaine dernière, se sont offerts en spectacle à cause seulement d’un temps de parole à distribuer entre députés de Benno Bokk Yakaar pour l’examen de la motion de censure déposée par l’opposition parlementaire. Les propos ont volé si bas que le président du groupe majoritaire a menacé - c’est à la mode - de démissionner de son poste. Quel mépris pour le citoyen-électeur ! De toutes les façons, pouvait-on s’attendre au miracle, sachant le niveau académique historiquement bas de la représentation nationale ? Hormis quelques échappées solitaires de députés qui peuvent se prévaloir d’une respectable carte de visite, la masse végète dans les sous-catégories. En majorité, des ménagères y cohabitent avec des «non renseigné». Curieux pédigrée ! Les Sénégalais ont trop souffert du puant spectacle des dernières décennies pour se payer le luxe de laisser se développer un tel cancer au sein de notre système institutionnel. Alors, messieurs les députés, prenez de la hauteur ; éloignez-vous des pâquerettes !

Auteur: Ibrahima ANNE
Publié le: Vendredi 04 Janvier 2013

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