Calendar icon
Wednesday 18 February, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Rêve brisé, innocence volée : La face sombre du business des centres de formation au Sénégal

Auteur: Khady Ndoye

image

Rêve brisé, innocence volée : La face sombre du business des centres de formation au Sénégal

Portés par les rêves de gloire incarnés par Sadio Mané ou Idrissa Gana Gueye, entre autres, des milliers de jeunes se ruent chaque année vers les centres de formation de football, perçus comme des tremplins vers la réussite sociale. Mais derrière les promesses d’un avenir radieux, des scandales récents comme anciens et des accusations graves soulèvent une question inquiétante : ces structures, censées protéger et encadrer la jeunesse, sont-elles devenues des espaces à risque ? Entre rêve, dérives et nécessité de régulation, le modèle des académies de football sénégalaises est aujourd’hui au cœur du débat. En effet, le récent scandale dans lequel est empêtré Ibrahima Magib Seck nous pousse à nous poser plusieurs questions.

Désormais, des milliers d’adolescents aspirent à intégrer des centres de formation pour s'assurer une carrière professionnelle et une vie meilleure. Mais derrière ce rêve collectif, une réalité plus sombre commence à émerger. Des scandales à répétition impliquant certaines académies de football jettent aujourd’hui une ombre inquiétante sur ces structures.

Dans les quartiers populaires comme dans les zones rurales, intégrer un centre de formation est devenu un objectif majeur. Pour les familles, souvent confrontées à des difficultés économiques, le football représente une opportunité rare de transformation sociale. Les centres promettent une formation sportive de haut niveau, un encadrement éducatif, une ouverture vers les clubs professionnels et une chance d’améliorer les conditions de vie de toute une lignée. Qui ne rêve pas de construire une école dans son quartier, à l'image de l’enfant de Bambaly ?

C'est un modèle de réussite qui a largement contribué à l’essor et au rayonnement du football sénégalais. Toutefois, ces dernières années, plusieurs centres réputés ont été éclaboussés par des accusations graves liées à des comportements jugés contraires aux valeurs sociales, sportives et morales.

Parmi les affaires ayant suscité une forte émotion figure celle impliquant Mor Talla Seck et Olivier Perrin au sein du centre Génération Foot, une structure pourtant reconnue pour avoir formé de nombreux internationaux. Par ailleurs, un membre de l'encadrement du club professionnel de l'AS Dakar Sacré-Cœur avait également été relevé de ses fonctions pour des abus sexuels présumés sur des mineurs. Ces accusations visaient Olivier Sylvain au sein du centre Dakar Sacré-Cœur, lui aussi considéré comme une référence. Le club avait d’ailleurs informé sur son site avoir « dû mettre un terme, avec effet immédiat, à sa collaboration » avec ce qu'il présentait comme un « volontaire du club », arrivé en 2019, pour des « gestes inappropriés » sur plusieurs joueurs. Le communiqué ne précisait pas la nature exacte des faits, mais évoquait au moins six victimes.

Le cas impliquant Ibrahima Magib Seck, affilié à l’institut Diambars, suscite aussi de vives réactions.

Une autre affaire, impliquant D. Faye, directeur du centre de football de Bandia, a été jugée au tribunal de grande instance de Mbour. Bien que le tribunal ait finalement relaxé le prévenu, ce dernier était accusé d’attentat à la pudeur, d'actes contre nature et d'escroquerie, suite aux accusations d’un pensionnaire de 18 ans qui affirmait avoir entretenu des relations sexuelles avec lui à deux reprises.

Dans une autre sphère sportive, une affaire de viol a également défrayé la chronique : un entraîneur de volleyball de 34 ans, I. Sow, a été accusé de viol, de détournement et de corruption de mineure suite à une plainte déposée par le père d'une victime de 16 ans.

Ces révélations ont profondément choqué l’opinion et provoqué un climat de méfiance, notamment chez les parents qui confient leurs enfants à ces structures avec espoir et confiance. Pour cet expert, le phénomène devient récurrent et il est urgent que l’État prenne ses responsabilités : « Certains parents ont peur d’envoyer leurs enfants se faire former dans un centre. L’État devrait mettre plus de garde-fous afin de protéger les enfants et les jeunes », invite-t-il.

En effet, les pensionnaires des centres de formation sont généralement des mineurs, éloignés de leurs familles et dépendants de leurs encadreurs pour leur progression. Cette situation crée un déséquilibre de pouvoir susceptible de favoriser des abus. Plusieurs facteurs accentuent leur vulnérabilité : l’éloignement familial, la pression de réussir à tout prix, le manque d’information sur leurs droits, l’absence de mécanismes de signalement accessibles et la peur de compromettre leur carrière. Pour de nombreux observateurs, ces conditions exigent un cadre de protection particulièrement strict, comparable à celui appliqué dans les institutions éducatives.

Une responsabilité collective en question

Ces scandales soulèvent des interrogations profondes sur la régulation du secteur : les centres sont-ils suffisamment contrôlés ? Les normes de protection des mineurs sont-elles réellement appliquées ? Existe-t-il des mécanismes indépendants de surveillance ? Les sanctions sont-elles dissuasives ?

Certains spécialistes estiment que la croissance rapide du football professionnel au Sénégal n’a pas toujours été accompagnée d’un dispositif de contrôle adéquat. D’autres appellent toutefois à éviter toute généralisation, rappelant que plusieurs centres travaillent dans le respect strict des règles.

En conclusion, le rêve du football peut parfois se transformer en environnement à risque lorsque les mécanismes de protection sont insuffisants. Le football reste un formidable vecteur d’espoir, mais la quête de performance ne doit jamais se faire au détriment de la dignité et de la sécurité. L’enjeu dépasse le sport : il s’agit de protéger une génération entière. Car si le football peut transformer des vies, il ne doit jamais briser celles qu’il promet d’élever.

Auteur: Khady Ndoye
Publié le: Mercredi 18 Février 2026

Commentaires (1)

  • image
    Opmmmm il y a 5 heures
    Aux parents....ne faites confiance en Personne personne Personne...les abus sont toujours le fait de procheq des gens de confiance Ne faites confiance en personne
  • image
    Imam$ il y a 4 heures
    Nous avons besoin d’une justice sévère ! Personnellement j’ai envie de rentrer au Sénégal ! Parce que quand on s’en prend à des enfants, cela m’est très insupportable. J’ai l’impression que les Sénégalais ne peuvent pas régler les problèmes de ce pays ou le sécuriser sans moi.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.