Coopération militaire Sénégal–Guinée : le ministre Cheikh Niang plaide pour une « ceinture de sécurité » renforcée
L’Assemblée nationale examine actuellement le projet de loi n°20/2025 autorisant la ratification de l’Accord de coopération militaire et technique entre le Sénégal et la Guinée, signé le 19 juin 2021 à Accra, au Ghana. Devant les députés, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a affirmé que ce texte constitue un « instrument stratégique » face aux mutations sécuritaires dans la sous-région.
En commission, le ministre a situé l’accord dans un environnement marqué par la montée des menaces terroristes, la criminalité transfrontalière et la fragilité des espaces frontaliers. Évoquant les attaques djihadistes signalées à la frontière malienne, il a parlé de « signaux d’alerte » imposant un renforcement des mécanismes juridiques et opérationnels. Il a insisté sur le fait qu'aucun État ne peut, à lui seul, faire face efficacement à ces défis, soulignant que la coopération sécuritaire n’est plus une simple option diplomatique, mais une nécessité stratégique.
Un cadre large pour stabiliser les frontières
L’accord couvre plusieurs domaines essentiels tels que la formation du personnel militaire, la lutte contre le terrorisme, la répression des trafics, la sécurisation conjointe des frontières, ainsi que l’échange et la protection de renseignements militaires. Les députés ont rappelé que cet instrument intervient après la fermeture unilatérale de la frontière par la Guinée en 2020, épisode qui avait fortement perturbé les échanges économiques et sociaux. Sur ce point, Cheikh Niang a précisé que l’accord dépasse la dimension strictement militaire en visant également à consolider les liens historiques, humains et économiques entre les deux pays, indépendamment des conjonctures politiques.
Interrogé sur la clause permettant d’ajouter ultérieurement d’autres domaines de coopération, le ministre a rassuré les parlementaires. Il a expliqué qu'il s'agit d'une pratique courante permettant d'intégrer des situations imprévues, tout en précisant que l’exigence d’un consentement mutuel constitue une garantie de contrôle et de pertinence.
Des actions concrètes déjà engagées
Soucieux de rassurer sur l’effectivité du texte, le ministre a évoqué des mesures déjà opérationnelles. Il a notamment cité l’organisation de patrouilles mixtes conjointes autour du poste frontalier CEDEAO de Boundou Fourdou et une assistance technique pour l’opérationnalisation des dispositifs de surveillance. Le ministre a également fait état d'un renforcement du « Pivot-Est », dans une logique de prévention et de dissuasion face aux menaces venant des zones instables de la sous-région.
Le projet de loi, examiné en plénière après avoir été adopté à l’unanimité en commission, ouvre la voie à la ratification d’un accord présenté comme un maillon central de la stratégie sénégalaise de sécurisation et d’intégration régionale.
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