Déficits immunitaires primitifs au Sénégal : médecins et autorités alertent sur l’urgence du diagnostic précoce
Face aux enjeux liés aux immunodéficitaires primitifs, une rencontre de sensibilisation a réuni médecins et autorités sanitaires autour d’un même constat, ce samedi 16 mai 2026, à l’Hôpital d’enfants Albert Royer de Dakar. Organisée par l’Association sénégalaise des déficients immunitaires primitifs (ASDIP), dans le cadre de la Semaine mondiale consacrée à ces maladies rares, elle a mis l’accent sur l’urgence du diagnostic précoce et la nécessité d’une réponse coordonnée face à des pathologies encore largement sous-diagnostiquées. La journée a été placée sous le thème : « Il est urgent d’agir : un appel au diagnostic précoce, au traitement rapide et au soutien des déficits immunitaires primitifs ».
Sous-diagnostic massif et appel au diagnostic précoce
Les spécialistes ont rappelé que ces maladies génétiques fragilisent le système immunitaire et exposent les enfants à des infections répétées, parfois sévères, ainsi qu’à des complications auto-immunes, inflammatoires ou tumorales. Le professeur Tandakha Ndiaye, immunologiste à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et membre fondateur de l’Association sénégalaise des immunodéficiences primitives, a indiqué qu’environ une cinquantaine de cas ont été identifiés au Sénégal, dont une trentaine suivie, tout en alertant sur un important sous-diagnostic.
Il a déclaré : « Ces pathologies sont des erreurs innées de l’immunité. Elles restent encore largement méconnues, ce qui entraîne un retard de diagnostic aux conséquences parfois irréversibles pour les enfants ». Selon lui, près de 90 % des cas pourraient ne pas être diagnostiqués, faute de sensibilisation et de dispositifs de dépistage adaptés. Le Docteur Indou Deme Ly, pédiatre à L'hôpital d’enfants Albert Royer, a insisté sur les signes d’alerte « indiquant que les infections répétées et résistantes aux traitements doivent amener à suspecter ces pathologies ».
La représentante du ministère de la Famille, Mme Diop, a annoncé des pistes de réponse à l’appel des spécialistes, notamment le renforcement de la prise en charge sociale des enfants atteints, l’accompagnement des familles vulnérables et une meilleure coordination entre les services de santé et d’action sociale. Elle a affirmé : « Nous devons aller vers une approche intégrée impliquant la santé, la protection de l’enfance et l’action sociale afin d’assurer un parcours de prise en charge complet et accessible aux familles concernées ».
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