Souveraineté sanitaire : Le Sénégal accélère sa transformation pharmaceutique
Face aux enjeux de souveraineté sanitaire, le Sénégal engage une transformation profonde de son secteur pharmaceutique. Entre création de zones industrielles spécialisées, protectionnisme ciblé et mise en place d’un consortium interministériel, le pays se prépare à l’ouverture imminente du marché africain du médicament.
Lors d’une session stratégique organisée par l’IRESSEF (Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formations), le constat est clair : le génie sénégalais peine encore à se transformer en médicaments disponibles dans les officines. Trois obstacles majeurs ont été identifiés.
D’abord, une déconnexion académique qui fait que la recherche d’excellence débouche rarement sur une commercialisation concrète. Ensuite, un travail en silos marqué par un manque de dialogue entre chercheurs, industriels et acteurs commerciaux. Enfin, le nerf de la guerre : l’absence de mécanismes financiers suffisamment puissants pour porter l’innovation du laboratoire jusqu’à l’usine.
Touba et Diamniadio : Les nouveaux poumons de l’industrie médicale
Pour passer de la théorie à la pratique, l’État mise sur des infrastructures de pointe. Deux zones industrielles spécialisées marquent un tournant. À Touba, un pôle de grande envergure sera dédié exclusivement à l’industrie pharmaceutique et médicale. À Diamniadio, un site stratégique accueillera des unités de production de haute technologie.
Cette stratégie s’accompagne d’une doctrine claire : protéger pour mieux grandir. À l’instar du modèle marocain, le Sénégal prévoit des mesures douanières et fiscales pour sécuriser les productions nationales face à la concurrence internationale.
L’urgence est réelle. Dans moins de deux ans, le marché africain du médicament s’ouvrira totalement. Pour éviter d’être submergé par les géants d’Afrique du Nord ou du Sud, le Sénégal doit s’imposer comme hub de production de vaccins et de médicaments de référence pour l’UEMOA et la CEDEAO.
« Toutes les recherches menées par l’équipe du Pr. Mboup doivent avoir un débouché industriel immédiat », a insisté Serigne Guèye Diop, ministre de l'Industrie et du Commerce.
Il a insisté sur la nécessité de protéger les résultats par des brevets.
Un appel a été lancé pour la création rapide d’un Consortium regroupant les ministères de la Santé, de l’Industrie, de l’Enseignement supérieur et la fondation IRESSEF. Sa mission sera de piloter des fonds de soutien pérennes et de nouer des partenariats internationaux de haut niveau à l’image de la fondation Bill Gates afin de financer la recherche et l’industrialisation à grande échelle.
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