C'est un exemple typique de "zone grise" en épidémiologie, sujet de polémiques dans la société et de discussions sans fin entre experts. Depuis quinze ans, une dizaine d'études, pour la plupart rétrospectives, ont été conduites dans différents pays pour rechercher un lien entre l'usage de téléphones mobiles et des problèmes de santé, en particulier des tumeurs cérébrales bénignes ou malignes. Avec des résultats peu significatifs, voire contradictoires.
Les spécialistes attendaient avec impatience les conclusions de l'enquête Interphone, rassemblant des études menées dans treize pays depuis 2000. Elles ont finalement été publiées, en 2010, avec près de six ans de retard, les 21 membres du groupe de travail étant divisés sur l'interprétation des résultats. Un risque légèrement accru de deux tumeurs cérébrales (gliomes et méningiomes) a été trouvé chez les gros utilisateurs, sans qu'il soit possible d'affirmer un lien de causalité.
En mai 2011, l'Organisation mondiale de la santé a classé les ondes électromagnétiques émettant dans le champ des radiofréquences, dont celles des portables, comme "cancérogènes possibles".
Une nouvelle étude norvégienne (Epidemiology, mars 2012) conclut que l'incidence des gliomes n'a pas augmenté entre 1979 et 2008, et suggère qu'il n'y a pas d'association avec l'usage de portables ou que les risques sont plus faibles que les estimations précédentes. Une chose est sûre, la plupart de ces études sont obsolètes car les conditions d'utilisation des mobiles ont changé : leur usage est de plus en plus répandu et intensif, mais ils émettent nettement moins d'ondes.
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