Conflit minier à Kanel : Un collectif se dresse contre l'exploitation du phosphate
Les populations des villages de Séno Palel, Kolel et Gourel Boulbi, localités situées dans le département de Kanel, s'opposent fermement à l'exploitation de phosphate sur leurs terres. Mobilisées au sein d’un collectif de résistance, elles ont dénoncé, lors d’une manifestation, « l’accaparement et l’exploitation abusive de leurs terres » par une société d’exploitation minière qui opère sur les lieux.
Le fâcheux constat, selon Sadou Chérif Daff, le coordonnateur du collectif, porte sur le fait que l’extraction des minerais soit exécutée en l’absence de transparence et d’informations adéquates. Selon lui, « les populations dans le désarroi assistent à une spoliation de leurs terres en l’absence de toute concertation sur l’exploitation, conséquemment sans garanties suffisantes pour la protection de leur cadre de vie ».
Contestant la légitimité d’un rapport de la société qui affirme la tenue d’une concertation avec les populations locales, le collectif pour la défense des intérêts de Séno Palel compte engager des poursuites judiciaires contre la société détentrice de l’exploitation pour « faux et usage de faux » et d’autres manquements.
Face aux menaces environnementales et sanitaires, le collectif a demandé aux autorités compétentes l’annulation du rapport provisoire établi par la société, et également de l’arrêté ministériel qui lui a permis d’obtenir un permis d’exploitation.
Profondément préoccupés par le projet d'exploitation de phosphate à Séno Palel qui, de leur avis, pose un risque énorme pour les populations, des ressortissants du village se sont mobilisés à travers des actions de pétition ou de plaidoyer.
Dans une demande adressée aux autorités, Samba Bocoum a relevé le caractère néfaste de l’exploitation des phosphates de Séno Palel.
Il juge que le projet risque de contaminer le sol, l’eau et l’air, menaçant ainsi les écosystèmes locaux. « La pollution du sol pourrait rendre nos terres agricoles inutilisables, mettant en danger notre sécurité alimentaire. L'eau, ressource précieuse et vitale, pourrait être polluée, ce qui affecterait tant la faune que les populations humaines dépendantes de ces sources d'eau douce. Quant à l'air, une dégradation de sa qualité pourrait entraîner des maladies respiratoires graves parmi les résidents locaux », explique-t-il.
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