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Forum de Dakar sur les systèmes alimentaires : La participation payante fait débat

Auteur: Thiebeu NDIAYE

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Forum de Dakar sur les systèmes alimentaires : La participation payante fait débat

Dakar s’apprête à accueillir, du 31 août au 5 septembre, le Forum africain sur les systèmes alimentaires 2025 organisé par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA). L’événement, qui réunira les plus grands décideurs de l’agriculture mondiale ainsi que 5 000 autres participants, se veut un cadre d’échange et de réflexion afin « d’agir en faveur d’un avenir alimentaire durable et résilient pour l’Afrique et le monde entier ».

Placé sous le thème «Les jeunes à la tête de la révolution agroalimentaire», le forum se tiendra paradoxalement à l’exclusion des vrais acteurs agricoles : les exploitants familiaux. Du moins, selon Amadou Kanouté, directeur exécutif de CICODEV. 

Présidant l’atelier des journalistes africains sur les systèmes alimentaires africains, ce jeudi 28 août, M. Kanouté fait une révélation de taille. À en croire le directeur de CICODEV, ces derniers devront débourser 125 dollars US, soit 71 000 F CFA pour participer à ce forum.

« Demander à des paysans de payer 71 000 F CFA pour pouvoir s’inscrire et participer, c’est censitaire. C’est de l’exclusion », martèle-t-il, soulignant que cette approche ne permet pas d’avoir un débat pluriel et d’avoir l’inclusion qui « doit être le premier élément de toute politique publique qui se veut durable ». Il juge absurde qu’une minorité décide des politiques au profit d’une majorité qui, elle, est exclue du cercle de décision.

« Ces petits exploitants familiaux exploitent 95 % des terres agricoles de l’Afrique. Ils nourrissent les 2/3 de la population africaine et emploient également les 2/3 de la population active en Afrique. Donc, ils ne sont pas petits. Comment peut-on décider au nom de ces gens en leur demandant de payer 71 000 F CFA pour pouvoir participer à un forum qui les concerne ? », se demande-t-il, abasourdi par cette décision des organisateurs, en l'occurrence l'AGAR et l’État du Sénégal via son ministère de l’Agriculture. 

L’autre enjeu de cet événement, d’après Amadou Kanouté, c’est le modèle de semence dite certifiée que promeut l'AGRA qui n’est autre des organismes génétiquement modifiés (OGM) dont les dangers sur les sols et sur la santé ne sont plus à démontrer. La semence, dit-il, « est la base de la vie et de l’exploitation familiale ». 

« Si nous n’arrivons pas en Afrique à contrôler et à maîtriser la semence, c'en est fini de notre survie. Nous allons dépendre des multinationales, d’autres pays, pour pouvoir avoir la base de la vie qui est la semence », prévient-il.

Le point de vue de CICODEV et du réseau AFSA (Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique) dont il est membre, c’est que « la seule semence qui puisse assurer la survie des exploitations familiales et assurer la souveraineté alimentaire, c’est la semence paysanne ».

Suivant avec beaucoup d’intérêt les conclusions qui sortiront du forum de Dakar, CICODEV et les autres proagroécologie invite l’État à l’intérêt des exploitants familiaux et d’une agriculture durable.

Auteur: Thiebeu NDIAYE

Commentaires (1)

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    Kodjo Ekpe il y a 19 minutes

    Absolument : '...la base de la vie est la semence' la vraie, la paysanne, la plus durable, la plus partagée (solidaire) donc la plus abordable. Les réalités de nos sociétés paysannes africaines , pour la plupart, sont différentes de celles des pays développés....

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