Diokoul Mbelbouck : excédées par la pénurie d’eau, les populations demandent le départ immédiat de FLEX Eau
Les populations de Diokoul Mbelbouck ( département de Kaffrine) ont tenu une conférence de presse pour dénoncer la gestion de l’eau par la société FLEX Eau. Par la voix de leurs porte-paroles, Moustapha Ndao et Mame Ballé Ndao, les habitants affirment vivre une pénurie chronique d’eau depuis l’arrivée de l’entreprise et exigent désormais son départ immédiat.
Prenant la parole, Moustapha Ndao a décrit une situation devenue insupportable pour les populations. « Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour porter la voix des populations de Djoko et manifester leur colère envers la société FLEX Eau. Depuis son installation dans la localité, les habitants vivent un véritable calvaire à cause du manque d’eau », a-t-il déclaré. Selon lui, la pénurie d’eau revient chaque année pendant plusieurs mois.
« Chaque année, à partir du mois de février jusqu’au mois de juin, l’eau ne coule plus dans les robinets. Les populations sont littéralement assoiffées. Malgré les nombreuses alertes adressées aux autorités administratives et aux responsables du pays, aucune solution durable n’a été trouvée », a-t-il ajouté.
Le porte-parole des habitants dénonce également le prix de l’eau jugé trop élevé.
« Normalement, le monde rural devrait bénéficier d’une discrimination positive. Mais dans la réalité, l’eau est parfois moins chère en ville qu’ici. Non seulement elle est plus chère, mais elle est également introuvable pendant de longues périodes », a-t-il déploré.
De son côté, Mame Ballé Ndao affirme que la patience des populations est arrivée à bout.
« Aujourd’hui, la population est à bout. Désormais, ce que nous demandons n’est plus la réparation du réseau ni son entretien. Nous demandons tout simplement le départ immédiat de la société », a-t-il affirmé.
Selon lui, les habitants sont prêts à reprendre eux-mêmes la gestion du forage.
« Les populations sont déterminées. Nous avons déjà averti les autorités que les habitants sont prêts à reprendre eux-mêmes la gestion du forage comme cela se faisait auparavant », a-t-il expliqué.
Les populations rappellent que ce forage avait été réalisé à l’époque du président Abdou Diouf et qu’il n’avait jamais connu de difficultés majeures avant l’arrivée de la société.
Aujourd’hui, le village compte plus de 9 000 habitants pour un seul forage, sans extension significative du réseau d’adduction d’eau. Une situation qui oblige les populations à parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau.
« Si vous sortez du village, vous verrez des files de charrettes transportant des bidons pour aller chercher de l’eau dans d’autres localités », ont indiqué les habitants.
La situation est encore plus difficile pendant la période de forte chaleur et durant le mois de Ramadan, lorsque les températures deviennent particulièrement élevées.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase serait survenue la semaine dernière, lorsque des agents auraient demandé aux habitants de remplacer leurs compteurs d’eau à leurs propres frais.
« On nous demande de changer les compteurs pour 12 000 francs CFA. C’est totalement inacceptable pour les populations », ont dénoncé les porte-paroles.
Face à cette situation, les habitants préviennent que leur décision est irréversible.
« Les populations veulent retrouver leur dignité, leur liberté et préserver leur santé. Aujourd’hui, elles disent simplement : ça suffit, c’est trop », ont conclu les porte-paroles.
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