Youssou Touré, le secrétaire général de la Coordination des forces sociales (Cfs), accusera le gouvernement de favoritisme pour certaines centrales qui lui sont favorables. Et à l’en croire, le choix du gouvernement a été fait depuis longtemps avec la nomination de responsables de centrales syndicales au Conseil économique et social. Pour lui, le gouvernement, avec ces nominations, a renforcé la capacité d’intervention et de corruption de certaines centrales. C’est pourquoi, il doute de la régularité et de la transparence de ces élections. ‘Certaines centrales ont été fortement appuyées en moyens financiers et logistiques par l’argent du contribuable sénégalais. C’est une pratique mafieuse de la part du gouvernement’, fulmine-t-il.
Par ailleurs, Youssou Touré, qui est le secrétaire général de l’Ois, doute de la fiabilité du fichier. ‘Ce fichier est une nébuleuse, on ne nous a pas donné le véritable fichier qui correspond à la réalité. On a confectionné un fichier dans la précipitation et cela à dessein. Parce qu’il s’agit de positionner des centrales syndicales qui sont favorables au pouvoir’, lance-t-il au ministre, affirmant que cette réunion est un prétexte pour valider une mascarade électorale. Parce que, poursuit-il, le partage des informations ne s’est pas déroulé sur les règles de l’art, surtout par rapport au fichier.
A l’instar de Youssou Touré, Sidya Ndiaye de la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts) reproche aussi au gouvernement de vouloir favoriser ses centrales bleues. ‘On a conçu un fichier pour positionner certaines centrales syndicales, qui ont été choisies pour siéger au Conseil économique et social. Les secrétaires généraux de ces centrales ont été reçus nuitamment au palais présidentiel avec le ministre chargé de l’organisation des élections’, martèle-t-il. Pour lui, le gouvernement a en ligne de mire la réforme du Code du travail imposée par la Banque mondiale, une réforme qui a pour but de clochardiser les travailleurs, ajoute-t-il. D’autre part, Sidya Ndiaye, s’insurge contre les 950 millions de francs qui ont été engloutis dans le recensement des travailleurs et la confection du fichier. Selon lui, le cabinet qui a reçu cette somme, n’a rien fait de bon.
De son côté, Malamine Ndiaye, le secrétaire général de l’Udts, affirme qu’il y a lieu de réfléchir sur la date de ces élections parce qu’avec seulement 120 mille travailleurs inscrits, cela mérite réflexion, dit-il. ‘Il faut revoir la date des élections, ne serait-ce qu’une prolongation pour une bonne tenue et un bon partage de l’information. Nous sommes pour les élections de représentativité, mais nous sommes aussi pour un fichier viable et transparent’, dit-il.
Mamadou Diouf, secrétaire général de la Csa, a aussi émis des réserves, notamment sur le fichier. ‘Jusqu’à la date du 10 décembre, le fichier n’était pas encore stabilisé, alors que le collège électorale est convoqué pour le 5 janvier’, dit-il. Et d’ajouter : ‘On n’arrache pas à un arbre ses fruits, on les laisse mûrir. Prenons le temps de faire les corrections nécessaires’. Sinon, prévient-il, on risque d’avoir une représentativité virtuelle sur le papier et une représentativité réelle sur le terrain. Ce qui peut, selon lui, créer des problèmes.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.