Produits périmés, faux médicaments… : les inquiétantes conclusions d’une étude sur le marché sénégalais
Les Sénégalais sont prévenus. À l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs, le 15 mars, la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs (FESAC) a publié un rapport alarmant sur l’état du marché sénégalais. Selon l’étude, le pays est devenu un véritable "déversoir" de produits dangereux.
Le rapport, consulté par L'Observateur, dénonce une prolifération inquiétante de marchandises non conformes. Les denrées alimentaires périmées sont reconditionnées, des médicaments falsifiés circulent en dehors des circuits officiels, les cosmétiques éclaircissants contiennent des substances cancérigènes comme le mercure ou l’hydroquinone, et les appareils électroniques non certifiés ou les chargeurs défectueux provoquent des accidents domestiques. Le commerce en ligne, peu régulé, ouvre de nouvelles portes aux arnaques et aux produits sans traçabilité.
La FESAC pointe également les graves failles du système de contrôle : les autorités (Douanes, Commerce intérieur, laboratoires) manquent de moyens, surtout en zones rurales, et les institutions travaillent de manière isolée, sans coordination ni système d’alerte rapide. Les sanctions sont dérisoires face aux gains des fraudeurs, créant un cycle d’impunité, tandis que la porosité des frontières permet au Sénégal d’importer 60 % des produits rejetés en Europe et en Amérique pour non-conformité.
Parallèlement, le rapport souligne que le pouvoir d’achat est étouffé par le coût du logement. Dans les grandes villes comme Dakar, Thiès ou Saint-Louis, le loyer absorbe entre 40 % et 60 % des revenus des ménages, annulant tout bénéfice des baisses de prix sur les produits de première nécessité. La FESAC dénonce une spéculation foncière qui rend l’accès au logement inaccessible aux populations modestes.
Face à cette situation, la FESAC demande des mesures urgentes : criminaliser la vente de produits dangereux comme un crime contre la santé publique, créer un système national d’alerte rapide pour les produits importés, et réguler le marché locatif avec un registre public des prix et des sanctions dissuasives. La fédération insiste : « La sécurité des produits n’est plus négociable ; il s’agit d’une question de justice sociale. »
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