Le chirurgien orthopédiste de l’hôpital Elhadji Ibrahima Niass de Kaolack, le docteur Moussa Diallo, et sa collègue anesthésiste-réanimatrice, Bineta Diop Badiane, ont relevé récemment pour s’en inquiéter, les nombreux accidents causés par les motos ‘’Jakarta’’ très présents dans la capitale du Saloum.
Ces motocyclettes qui font partie du décor du transport urbain à Kaolack sont à l’origine de ‘’multiples et fréquents accidents’’ dont 80% des victimes sont des jeunes de 20-30 ans, ont expliqué les deux médecins au cours d’un Forum de l’association Handicap-membre.
M. Diallo et Mme Badiane ont indiqué que chaque jour, deux cas d’accident causés par ces moto-taxis Jakarta sont enregistrés à l’hôpital. Il s’agit de télescopages entre motos, de chutes ou de collisions avec un piéton, un véhicule, un mur, etc.
Selon le docteur Diallo, ces accidents provoquent souvent de graves séquelles chez les accidentés, dont des traumatismes crâno-encéphaliques.
Or, a-t-il relevé, il n’existe pas de scanner à Kaolack de scanner et de plus, ces accidents nécessitent des jours de réanimation. Le médecin a noté que l’importance de ce genre de traumatisme s’explique par le fait que les conducteurs de ces motos-taxis ne portent pas de casques.
Mais le traumatisme peut aussi relever d’une fracture du rachisme (cou). D’ailleurs, ces lésions à la tête ou à la colonne vertébrale peuvent entraîner une paralysie partielle ou totale à vie, a poursuivi le docteur Diallo selon qui il y a aussi les fractures, souvent ouvertes, des membres inférieurs généralement. Le choc contre le guidon peut également provoquer la rupture de la rate et la mort si la prise en charge n’est pas immédiate.
Il arrive parfois qu’un violent accident provoque des polytraumatismes et dans ce cas, la victime est à la fois atteinte aux jambes, au niveau du tronc et à la tête, avec moins de chance de survie, a affirmé l’anesthésiste.
Mme Badiane a estimé à 50.000 FCFA la prise en charge d’une seule journée de réanimation. Compte non tenu des frais d’affrètement du SAMU national à 250.000 FCA pour les structures publiques contre 500.000 FCFA pour le privé. Tout comme le chirurgien orthopédiste qui a souhaité l’implantation à Kaolack d’un centre de traumatologie dûment équipé, le docteur Bineta Diop Badiane a suggéré la mise en place d’un SAMU municipal qui permettrait de récupérer 45% des victimes, car selon elle la chance de survie des accidentés dépend fortement de la manière et de la rapidité de l’évacuation à l’hôpital.
Les deux médecins ont particulièrement insisté sur la prévention et l’éducation aux lourdes prises en charge en cas d’accident et les séquelles qui peuvent en découler. Les motos sont certes un moyen de transport, mais les conducteurs doivent se doivent d’abord de maîtriser ces engins tout comme le code de la route.
Ils en ont interpellé les pouvoirs publics, mais aussi les parents et les conducteurs eux-mêmes pour un changement de comportement, tout en dénonçant l’usage d’alcool comme c’est le cas chez certains accidentés.
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