Kédougou : sous la chaleur du Ramadan, les vulcanisateurs réclament la modernisation de leurs outils de travail
À Kédougou, la période du Ramadan coïncide cette année avec une forte canicule, rendant les conditions de travail particulièrement éprouvantes pour de nombreux travailleurs du secteur informel. Parmi eux, les vulcanisateurs, ces réparateurs de pneus installés le long des routes et dans les quartiers, font face à des journées de travail de plus en plus difficiles.
Sous un soleil ardent et avec des moyens souvent rudimentaires, ces artisans s’efforcent de répondre aux besoins des automobilistes et des conducteurs de motos. Pour limiter l’impact de la chaleur et du jeûne, la plupart d’entre eux commencent leur activité très tôt le matin.
« On est obligés de venir avant même le lever du soleil pour travailler un peu avant que la chaleur ne devienne insupportable », confie Kéwouling Samoura, vulcanisateur rencontré près de la gare routière de Kédougou. « Pendant le Ramadan, c’est encore plus difficile parce qu’on ne peut ni boire ni manger. Mais les clients continuent d’arriver et il faut bien travailler pour nourrir la famille», ajoute-t-il.
Dans leurs petits ateliers improvisés, les outils sont souvent anciens et les équipements de sécurité quasi inexistants. Les réparations se font parfois à même le sol, avec des pompes manuelles et des instruments usés par le temps.
Pour Daouda, vulcanisateur depuis plus de dix ans, la modernisation du matériel est devenue une nécessité. « Nous travaillons avec des moyens très limités. Si nous avions des machines plus modernes, cela nous permettrait de travailler plus vite et dans de meilleures conditions. Aujourd’hui, tout se fait presque à la main », explique-t-il.
Même constat pour Abdoulaye Bah, qui exerce dans un quartier périphérique de la ville. « Quand il fait très chaud, les pneus chauffent aussi et c’est difficile de les manipuler. On se fatigue vite. Avec de meilleurs équipements, on pourrait réduire les efforts physiques et mieux organiser le travail », souligne-t-il.
Face à ces difficultés, plusieurs vulcanisateurs lancent un appel aux autorités locales et aux partenaires au développement. Ils souhaitent bénéficier d’un appui pour moderniser leurs ateliers, à travers la mise à disposition d’équipements adaptés ou de programmes de formation.
« Nous ne demandons pas grand-chose. Juste un accompagnement pour améliorer nos conditions de travail et développer nos petites activités », plaide Mamadou Diallo, un ouvrier.
Dans une région où la moto et les véhicules sont devenus indispensables pour les déplacements, les vulcanisateurs jouent un rôle essentiel dans la mobilité quotidienne. Mais en cette période de Ramadan marquée par une chaleur intense, leur métier rappelle aussi les réalités souvent difficiles du travail dans le secteur informel à Kédougou.
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