Keur Massar : De jeunes filles formées pour faire face aux violences numériques
Un atelier de renforcement des capacités sur la prévention et la lutte contre les violences numériques faites aux jeunes filles s’est tenu ce jeudi 22 janvier 2026 à Keur Massar, à l’initiative du Comité de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants (CLVF), en partenariat avec ONU Femmes. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles : une perspective d’autonomie ».
Un phénomène en forte progression
Avec l’essor des réseaux sociaux et des outils numériques, les jeunes filles sont de plus en plus exposées à des formes spécifiques de violences : cyberharcèlement, chantage sexuel, usurpation d’identité, diffusion non consentie d’images intimes, discours haineux ou encore exploitation sexuelle en ligne.
Dans le département de Keur Massar, caractérisé par une forte densité de population jeune et un usage accru du numérique, ces risques sont exacerbés par la méconnaissance des droits, la difficulté de dénonciation et la persistance de normes sociales discriminatoires.
Ces violences ont des conséquences lourdes sur la santé mentale, l’estime de soi, la scolarité et l’insertion sociale des jeunes filles et peuvent constituer une porte d’entrée vers d’autres formes de violences basées sur le genre (VBG).
Renforcer les capacités pour mieux se protéger
L’objectif général de l’atelier est de renforcer les capacités des jeunes filles de Keur Massar à prévenir, identifier et faire face aux violences numériques afin de promouvoir un usage sûr, responsable et autonome des outils numériques.
Présente à la rencontre, Yagg Ba, chef de service départemental de la famille de Keur Massar, représentant le ministère de la Famille et des Solidarités, a rappelé l’importance de cette initiative : "L’objectif de cet atelier consiste en un renforcement de capacités, mais aussi à mieux développer les prises en charge contre les violences basées sur le genre. Tous les acteurs sont mobilisés le comité de lutte contre les VBG, la police, l’AMO, les services déconcentrés de la famille et du développement communautaire."
Évoquant la situation des femmes et des enfants dans le département, elle a souligné la difficulté d’avoir des chiffres précis : "Il y a beaucoup de cas, mais tous ne sont pas dénoncés. C’est pourquoi nous travaillons davantage sur la sensibilisation pour encourager la dénonciation et améliorer la prise en charge."
Miser sur l’action communautaire et la coordination
De son côté, Ndèye Fatou Sarr, présidente du CLVF, a insisté sur l’approche communautaire du projet : "Le projet que nous mettons en œuvre vise principalement des actions communautaires. C’est à la communauté de dérouler les activités de sensibilisation, de prise en charge et d’accompagnement des victimes."
Selon elle, la montée des dénonciations notamment via les réseaux sociaux et les actions de la société civile, a permis de renforcer les centres d’écoute et d’améliorer la collecte de données pour affiner les stratégies de prise en charge.
La présence des forces de sécurité, des services sociaux, des maisons de justice, des maisons de la femme et des organisations communautaires répond à un impératif majeur : la coordination des acteurs.
"Il est essentiel que la victime ne se sente pas seule et que chaque structure identifie clairement l’offre de services qu’elle peut apporter, afin d’assurer une prise en charge globale et cohérente", a-t-elle expliqué.
Vers une dynamique durable de prévention
À l’issue de cet atelier, les participantes devraient être mieux outillées pour identifier les violences numériques, adopter de bonnes pratiques de sécurité en ligne et connaître les mécanismes de signalement. La mise en place du Club des jeunes filles de Keur Massar marque une étape importante vers une dynamique durable de veille communautaire, de solidarité et de prévention des violences numériques, intégrée aux actions locales de lutte contre les violences basées sur le genre.
Commentaires (1)
il faut aussi généraliser ces formations au jeunes garçons adolescents, ils sont aussi des victimes
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