La capitale sénégalaise, Dakar, vit chaque année à cette période de grandes vacances, une affluence indescriptible de jeunes filles à la recherche d’emploi. Elles viennent de tous les coins du pays pour chercher de quoi payer leurs études pour l’année scolaire à venir.
Cependant, ce phénomène renferme beaucoup d’obstacles qui peuvent freiner leurs études. 10h à liberté 6 Extension. Sous une chaleur accablante, des jeunes filles circulaient par petits groupes. Visages crispées, couvertes de sueur, ces dernières défilaient de ruelle en ruelle à la recherche de boulot. Devant chaque maison, elles sonnent, espérant d’être embauchée. Elles s’y pointent et attendent avec impatience que la porte s’ouvrent. Tantôt, la chance leur sourit, tantôt c’est le désespoir.
Certaines qui ont la chance sont vite engagées tandis que les autres reprennent de plus belle leur parcours. A chaque minute qui passe, on sent le désespoir et la fatigue se lire dans leurs yeux. Vêtues en pagne et en tee-shirt pour la plupart, ces jeunes n’ont qu’une seule idée en tête, trouver coûte que coûte un travail. Pourtant, ces filles sont toutes des élèves dont la plupart sont entre la classe de Cm2 et la troisième secondaire, et elles viennent de l’intérieur du pays.
« J’ai quitté le village pour venir à Dakar. Je veux travailler durant les vacances pour aider mes parents et préparer la rentrée scolaire. Je suis vendeuse de jus et je perçois chaque mois 15.000f ». C’est ce qu’a laissé entendre la jeune Fatou Ndiaye, élève en classe de Cm2. Partageant la même idée, Binta Ndong, sérère de teint noire, commence à perdre de l’espoir.
Après une semaine de recherche d’emploi, elle n’arrive pas à décrocher un boulot. « J’ai quitté mon village juste après mes compositions. Je pensais qu’avant l’arrivé des autres élèves, j’allais trouver du travail mais jusqu’à présent, je n’y arrive pas. Actuellement, je commence à perdre espoir car le nombre de chercheuses d’emploi ne cesse d’augmenter de jour en jour», à déclarer Binta.
Néanmoins, ces filles trouvées sur place n’ont aucune idée sur les dangers qu’elles peuvent rencontrer dans la capitale. Et ce qui est plus déplorable, la plupart d’entre elles n’ont que dix ou quinze ans. Ce qui fait sortir certaines mamans de leur réserve en optant pour une sensibilisation des parents et les obliger de ne pas laisser ces mineures venir à Dakar.
Pour Daba Diouf, plus connue sous le nom de mère Diouf, elle soutient que « c’est déplorable de laisser ces mineures venir à Dakar car ces enfants n’ont encore rien dans la tête. En plus, la capitale est très dangereuse. On entend toujours parler à la radio des cas de viols, des kidnappings, etc. Même si nous savons qu’elles ont de bonnes intensions d’aider leurs parents, c’est très risquer de venir en ville à cette âge ». Abondant dans le même sens, Djatou Ndiaye, enseignante de son état, explique :
« les vacances sont des moments de relax pour les élèves. Après neuf mois de dur labeur, ces élèves doivent se reposer, se divertir et faire des cours particuliers afin de mieux préparer l’année suivante ». Elle rajoute : « Je ne suis pas contre l’idée d’aider leurs parents, mais je me soucie de leur avenir car elles peuvent tomber sur des gens malintentionnés qui profiteront de leur innocence ».
Ce phénomène peut constituer un frein dans leurs études.
La majeure partie des ces jeunes filles n’osent plus retourner chez elles après les vacances. Soit elles ont été engrossées, soit elles ont été détournées par l’argent ou la belle vie imposée par la période passée à Dakar. A force d’être toujours en contact avec l’argent, ces filles deviennent dépendantes de la belle vie ou de la mode qui sévissent dans la capitale. Ce qui explique le taux élevé d’abandon des jeunes filles à l’école dans les villages.
Auteur: Aïssa Diagne NDOUR (Stagiaire)
Publié le: Vendredi 08 Juillet 2011
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