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Retraits frauduleux via l'application Djamo : la Sonatel dépouillée de 213 millions F CFA, 6 escrocs arrêtés par la BR de Kaolack

Auteur: Mor Mbaye CISSE

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Retraits frauduleux via l'application Djamo : la Sonatel dépouillée de 213 millions F CFA, 6 escrocs arrêtés par la BR de Kaolack

Un coup de filet spectaculaire à Taïba Niassène ! La Brigade de Recherches (BR) de Kaolack, sous le commandement de l'adjudant-chef Modou Ndiaye, a porté un coup décisif à la cybercriminalité en démantelant un réseau d'escrocs particulièrement organisé. Six membres de cette bande ont été arrêtés à Taïba Niassène et déférés, le 4 février dernier, au Tribunal de Grande Instance du Saloum, selon des informations exclusives de Seneweb. Le préjudice global s'élève à 216 millions de francs CFA.

Les suspects interpellés sont : M.D.T., 23 ans, électricien automobile ; C.S., 20 ans, électricien bâtiment ; M.I.N., 25 ans, marchand ambulant ; A.M.N., 21 ans, conducteur de taxi-moto Jakarta ; M.K., 25 ans ; et M.A.T., 25 ans. Tous sont domiciliés à Taïba Niassène. D'autres membres du gang, actuellement en cavale, ont été localisés en Gambie.

Premier dossier : l'arnaque aux fausses factures téléphoniques

Dans ce premier volet, les escrocs se sont fait passer pour des agents de la SONATEL afin de soutirer 3 millions de francs CFA à trois victimes : C.M.K., un colonel de l'armée basé à Ouakam ; la dame F.L., domiciliée à Dakar ; et B.C., résidant à Rufisque.

Le modus operandi était redoutablement efficace. Les malfaiteurs sélectionnaient aléatoirement des numéros de lignes fixes dont les titulaires résidaient principalement dans les régions de Dakar et Thiès. Ils contactaient ces numéros aux heures de service, espérant tomber sur des employés de maison ou des enfants.

Se présentant comme des agents de la SONATEL, ils menaçaient de couper la ligne pour non-paiement de factures. Sous cette pression, ils obtenaient le numéro de téléphone portable du propriétaire de la ligne. Ils établissaient ensuite un appel à trois permettant à leur interlocuteur d'entendre la voix du propriétaire, avant d'éjecter ce dernier de la conversation.

Poursuivant leur manipulation, les escrocs affirmaient que le patron avait donné son accord pour que l'employé de maison cherche de l'argent dans la demeure afin de régler la prétendue facture. Les victimes procédaient alors à des transferts via Orange Money et Wave.

Deuxième dossier : l'exploitation d'une faille via l'application Djamo

Le second volet de cette affaire représente un préjudice considérable. Les suspects ont exploité une vulnérabilité technique de l'application Djamo pour détourner 213 298 600 francs CFA au détriment de la SONATEL.

L'alerte et la découverte de la faille

Le 3 novembre 2025, la direction générale de Djamo a signalé à la SONATEL des dépôts frauduleux réalisés via Orange Money et Wave durant la période du 29 au 30 octobre 2025.

Pour comprendre la fraude, il faut savoir que Djamo utilise l'API (Application Programming Interface) de la plateforme OFMS (Orange Financial Mobile Services). Cette interface logicielle permet à deux applications de communiquer et d'échanger automatiquement des données.

Les investigations techniques ont confirmé l'exploitation d'une faille dans le système. Concrètement, le module chargé de confirmer l'exécution des opérations auprès de Djamo générait une double notification, provoquant un deuxième dépôt anormal et aléatoire — correspondant au montant de la dernière transaction — qui s'ajoutait au dépôt initial légitime.

Le stratagème des fraudeurs

Le procédé était simple mais efficace. Le fraudeur lançait une opération de recharge de son compte depuis l'application Djamo, validait la transaction sur les plateformes Max It ou Wave, et bénéficiait automatiquement d'un dépôt supplémentaire d'un montant aléatoire, sans aucune contrepartie financière.

Un préjudice de plus de 213 millions

L'analyse approfondie des opérations réalisées entre OFMS et Djamo, sur la période allant du 30 octobre au 3 novembre 2025, a permis de chiffrer le préjudice à 213 298 600 francs CFA. Pas moins de 1 012 numéros de téléphone ont été impliqués dans cette fraude massive, la majorité étant localisée à Kaolack, notamment à Taïba Niassène.

L'examen minutieux des journaux d'appels des numéros suspects a révélé l'existence de téléphones utilisés pour surapprovisionner massivement les cartes SIM durant la période des faits. Les enquêteurs ont constaté que les mêmes acteurs manipulaient simultanément plusieurs numéros depuis les mêmes appareils. Cette technique a permis à certains suspects de réaliser des dépôts frauduleux atteignant individuellement plusieurs millions de francs CFA. En conséquence, la Sonatel avait porté plainte.

Les six prévenus sont poursuivis pour association de malfaiteurs, accès et maintien frauduleux dans un système informatique et vol.

Auteur: Mor Mbaye CISSE
Publié le: Mercredi 11 Février 2026

Commentaires (1)

  • image
    Ben il y a 7 heures
    Des génies mal intentionnés

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