Scandale à l’école de la Cité CSS de Richard-Toll : Le directeur Julien Pierre Weynachter risque gros
Le scandale qui avait secoué l’école primaire et secondaire de la Cité des Cadres de la CSS, sise à Richard-Toll, a été évoqué, ce jeudi, au tribunal correctionnel de Dakar. L’affaire concerne le directeur Julien Pierre Weynachter, poursuivi pour collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite, ainsi que pour d’autres infractions prévues et punies par les articles 431-19, 431-34, 431-35, 431-36 et 431-39 du Code pénal.
Selon l’accusation, le 24 octobre 2024, l’unité de cyberpatrouille de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) a mené des investigations sur internet à l’aide d’un logiciel dénommé CPS (Child Protection System). Ces recherches ont permis de détecter des partages d’images à caractère pédopornographique impliquant un employé de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) de Richard-Toll, utilisant une ligne internet attribuée à ladite société.
Les constatations ont été confirmées par Nouchele Bernard Yadod, ingénieur et chef du département informatique de la CSS. Les investigations ont permis d’identifier Julien Pierre Weynachter comme étant l’utilisateur concerné. Ce dernier, directeur de l’école primaire et secondaire de la Cité des Cadres de la CSS, aurait reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire, déclarant avoir commencé les téléchargements depuis l’année 2008.
La perquisition effectuée à son domicile a révélé qu’il se connectait au moment de l’arrivée des enquêteurs en utilisant un VPN. Les policiers ont également saisi, dans sa salle de bain, un slip appartenant à une fillette, ainsi que des chocolats de type Kinder Joy et des jouets pour enfants.
Déféré devant le parquet de Dakar, le dossier a été confié au juge d’instruction du 3e cabinet pour l’ouverture d’une information judiciaire. Il a été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour pédopornographie et pédophilie. Toutefois, à l’issue de l’instruction, le magistrat a rendu une ordonnance de non-lieu partiel, estimant qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre Weynachter pour les faits de pédophilie, avant de le renvoyer devant le tribunal pour les autres infractions.
À la barre, Julien Pierre WEYNACHTER a contesté les faits qui lui sont reprochés. La CSS, constituée partie civile, était représentée par son conseil, Me Mohamedou Makhtar Diop. L’avocat a soutenu que la société a subi un préjudice à la fois matériel et moral, l’établissement étant destiné aux enfants des employés de la CSS et dirigé par le prévenu. Il a sollicité le franc symbolique en réparation.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que le prévenu est coupable des faits et a requis une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 5 millions de F CFA.
Assurant la défense du prévenu, Me Ciré Clédor Ly a soutenu que le droit n’a pas été dit dans cette histoire. Il a demandé au tribunal de débouter la CSS de sa constitution de partie civile. À titre principal, il a plaidé la relaxe au bénéfice du doute et, à titre subsidiaire, a sollicité l’application d’une peine alternative.
L’affaire a été mise en délibéré au 26 février 2026.
Commentaires (7)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.