Depuis 2008, Sédhiou est une région logée dans un département. Si c’était une voiture, on aurait dit qu'elle est surchargée. Si c’était une salle de classe, elle aurait un effectif pléthorique. Si c’était une université, elle aurait dépassé sa capacité d’accueil. Enfin si c’était une maison, elle serait en décrépitude. Ne serait-ce que sur le plan des infrastructures, Sédhiou n’existe que de nom car les services symboles sont encore en location conventionnée. La gouvernance est en location ; les sièges du conseil départemental, de l’inspection d’académie, de l’Agence régionale de développement (Ard), des inspections de la petite enfance et du travail, sont en location. La région médicale ainsi que le centre régional de la culture occupent un petit espace ou des maisonnettes à la cité des anciens experts italiens. La liste est loin d’être exhaustive.
Une région, zéro infrastructure
Sédhiou est donc une région où il n’y a rien à reconstruire car rien n’y a été construit. Tous les trois centres de santé de la région étaient d’anciens postes de santé. Sur les quinze (15) lycées de la région, les onze (11) étaient d’anciens collèges d’enseignement moyen (Cem). Seuls le nouveau lycée de Sédhiou et celui de Djirédji (construits) ainsi que les deux lycées nouvellement créés de Simbandi Balante dans le département de (Goudomp) et de Bonna dans le département de Bounkiling (encore en abris) ont des sites en dehors des anciens collèges en attente de construction.
L'enclavement, un handicap majeur
A côté de ces lourdes doléances se dressent l’épineuse question de l’enclavement. Sédhiou est une région ciselée par des fleuves et des bras de fleuve. C’est pourquoi, s’y mouvoir n’est pas du tout aisé. Pour désenclaver la région, les populations, depuis Abdou Diouf, réclament des ponts sur le fleuve Sougrougrou à hauteur de Marsassoum afin de relier Sédhiou et Bignona. Un pont sur le fleuve Casamance entre Sédhiou et Sandiniéry ou entre Bambaly et Diattacounda pour relier Sédhiou et le département de Goudomp.
Mais des ponts sans des routes, ce serait panser une plaie inguérissable. Dans ce sens, les populations sont unanimes sur la nécessité de bitumer la boucle du Boudhié qui dessert les communes de Sansamba, de Marsassoum, de Djibabouya, de Bémet, de Djirédji, de Bambaly et de Sédhiou, soit 130 kilomètres. Ensuite, il y a les axes Sandiniéry/Tanaff, Sandiniéry/Diopcounda dans le département de Goudomp, puis la boucle du Nord-ouest à savoir Saré Alcaly/Ndiamacouta/Djinany, BissariDioub/Diacounda dans le département de Bounkiling qui constituent de véritables enjeux économiques.
Des villages sans électricité, ni eau potable, un taux de mortalité élevé
Une autre patate chaude qui attend le gouvernement de Macky Sall, c’est l’accès aux infrastructures de base que sont l’électrification et à l’adduction en eau potable. En effet, aucun des villages de l’axe Sédhiou/Kolda, soit 82 kilomètres, n’a accès à l’électricité et à l’eau potable. Dans le Nord de la région (Bounkiling), des milliers de femmes usent encore la paume de leurs mains à tirer le liquide précieux dans des puits de 30 à 40 mètres de profondeur. L’accès aux soins de santé pose également problème car les anciens postes de santé érigés en centre de santé sont souvent dépourvus d’un plateau technique de qualité. Le taux de mortalité maternelle et infantile est encore très élevé.
L’établissement public de santé (Eps) de Sédhiou, qui constitue la référence, ne dispose pas encore de certaines spécialités. Les évacuations vers d’autres structures restent souvent la seule issue et celle-ci n’est pas toujours heureuse.
Donc, les trois cent milliards annoncés par le comité régional de développement (Crd) préparatoire risque d’être une goutte d’eau dans l’océan vu l’ampleur des besoins.
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