Tabaski 2026 : Le calvaire des usagers face à la paralysie de Dakar
À deux semaines de la Tabaski, l'effervescence des préparatifs transforme le quotidien des Sénégalais en un véritable parcours du combattant. Entre marchés saturés, transports en commun bondés et embouteillages monstres, rallier son domicile relève désormais du défi logistique, sur fond d'inquiétudes sécuritaires croissantes.
Épicentre du commerce et nœud de transport stratégique, le marché de Colobane suffoque. La proximité immédiate des arrêts du TER, des bus Tata et des cars Ndiaga Ndiaye crée une densité humaine exceptionnelle. Pour Mayoro Sy, qui tente de rentrer après sa journée de travail, la traversée est physique. « C’est énormément difficile de trouver un passage au milieu de cette foule », confie-t-il après avoir essuyé plusieurs bousculades.
Même constat pour Fama Diagne, qui a manqué de peu la chute : « Je travaille à Point E et c’est ici où je prends le Ndiaga Ndiaye tous les soirs, mais c’est toujours pénible de rallier le garage"
Dans ce chaos, la discipline s’efface : les usagers se ruent sur les rares cars Ndiaga Ndiaye avant même leur immobilisation. Du côté des bus Tata, si l'organisation en files indiennes persiste, l'attente devient interminable. Certains passagers guettent la ligne 33 durant plus de quarante minutes, en vain.
Une occupation anarchique de l’espace public
L’engorgement n'épargne aucun quartier. Au marché Dior, le flux des travailleurs et des étudiants se mêle à celui des clients en quête de parures de fête. Sira Lô, étudiante en comptabilité, témoigne de cet épuisement : « J’étudiais et je passais des examens aujourd’hui, mais j’ai fait presque 3h de route ». L'occupation anarchique de la chaussée par les vendeurs ambulants force les piétons à slalomer entre les véhicules, au mépris des règles de sécurité routière.
Keur Massar : Un parc automobile à bout de souffle
À Keur Massar, même le dimanche soir, le repos est un luxe inaccessible. Face à des bus surchargés, de nombreux usagers optent pour la marche forcée sur des kilomètres. Papa Ndiaye, un tailleur venu s'approvisionner en garnitures, ne cache pas son amertume : « Cela fait une semaine que je marche tous les soirs de la station de Keur Massar jusqu’au rond-point Gouye Gui parce que les bus sont tout le temps surchargés. Les autorités devraient penser à renforcer le parc automobile ».
Cette pénurie de transport fait le lit de pratiques abusives. Entre le « saucissonnage » des trajets par les apprentis de cars rapides et l’envolée des tarifs des taxis, le budget des ménages est mis à rude épreuve. Par peur des agressions et des vols, récurrents en cette période, certains Sénégalais choisissent radicalement de se terrer chez eux, reportant toute activité non essentielle. Face à cette tension sociale, l'appel à un renforcement de la présence sécuritaire par l'État devient un cri de ralliement général.
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