« Taxaw Saytu »: le fass de Y'en a marre où s’expose 2 ans de fractures sociales
À la Place de la Nation, à Dakar, le rassemblement « Taxaw Saytu nãari atti nguur gi » a consacré la journée du 24 avril 2026 à une évaluation critique des deux premières années du régime en place. L’initiative, portée par le mouvement Y’en a marre, a réuni mouvements citoyens, associations et responsables politiques autour des principales préoccupations sociales exprimées sur le terrain.
Le Vice- Coordinateur de Y'en a marre a ouvert les échanges en rappelant la vocation du dispositif : confronter les engagements politiques aux réalités vécues par les populations. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de redevabilité, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales.
Les mouvements citoyens ont ensuite pris la parole pour exposer leurs préoccupations. Le Rassemblement des travailleurs licenciés a particulièrement marqué les échanges à travers une intervention structurée et chiffrée. Sa représentante, Binta Sène a indiqué que le collectif regroupe plus de 30 000 travailleurs licenciés (30 633 selon leurs données) issus de structures publiques et parapubliques, dont notamment des anciens employés de CDC Habitat, filiale de la Caisse de dépôt et consignation.
Elle a dénoncé des situations qu’elle qualifie d’irrégulières dans plusieurs administrations, évoquant des licenciements de travailleurs en CDI intervenus de manière simultanée, ainsi que des cas de femmes en congé de maternité concernées par ces décisions. Selon elle, ces pratiques soulèvent des interrogations sur le respect des procédures prévues par le Code du travail et appellent à un réexamen global des dossiers.
Au-delà des chiffres avancés, les interventions ont mis en lumière un sentiment partagé de fragilité dans la gestion de l’emploi et des droits des travailleurs, avec des appels insistants à l’ouverture d’un cadre de dialogue direct avec les autorités.
L’intervention du député Thierno Alassane Sall a apporté un éclairage institutionnel. L’élu a salué l’initiative tout en rappelant que ces préoccupations relèvent des mécanismes parlementaires de contrôle de l’action gouvernementale. Il a insisté sur la nécessité de traiter plus efficacement les questions liées à l’emploi, aux licenciements et à la justice sociale au sein des institutions compétentes.
Au fil des échanges, une lecture commune s’est dégagée : celle d’un bilan encore largement interrogé par les citoyens, face à des attentes sociales toujours élevées. Les discussions ont ainsi mis en évidence un décalage entre les préoccupations exprimées sur le terrain et les réponses institutionnelles attendues.
Cette journée du « Taxaw Saytu nãari atti nguur gi » s’impose ainsi comme un moment d’interpellation du pouvoir en place, où le bilan des deux années de gouvernance a été directement confronté aux réalités sociales portées par les citoyens.
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