UGB : les étudiants haussent le ton contre la fermeture des restaurants universitaires
Vingt-quatre heures après les violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, la tension reste vive à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) hausse le ton et dénonce la fermeture temporaire des restaurants universitaires, tout en conditionnant toute reprise du dialogue à des réponses concrètes des autorités sur les bourses et les conditions de vie estudiantine.
Face à la presse, ce samedi, la CESL est revenue longuement sur ce qu’elle considère comme la genèse d’une crise universitaire profonde et persistante. Son porte-parole, Amadou Ba a accusé les autorités de « diaboliser les représentants des étudiants » à travers des communiqués diffusés dans les médias, sans pour autant apporter de solutions durables aux problèmes structurels.
Selon lui, la crise actuelle trouve son origine dans la suppression des rappels de bourses des étudiants de Master 2, une décision qui avait provoqué une vague de contestations dans presque toutes les universités du pays. « Des engagements avaient été pris pour rétablir les droits des étudiants de Master 2. Certains ont été respectés, mais beaucoup restent lettre morte », a-t-il souligné.
Sur la plateforme revendicative, la CESL pointe plusieurs manquements. En matière de connectivité, des promesses avaient été faites par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), la Primature et l’Assemblée nationale pour doter les universités d’une connexion satellitaire. « Jusqu’à présent, rien n’est effectif », déplore la coordination.
La question du logement demeure également un point de crispation majeur. À l’UGB, la crise est qualifiée d’« aiguë », notamment avec l’arrêt des chantiers du village O. Le décret d’avance annoncé pour permettre leur redémarrage n’a toujours pas été signé, selon les étudiants.
Concernant la restauration universitaire, la CESL parle de « conditions inhumaines ». Les restaurants, jugés moribonds, ne couvriraient qu’une partie des besoins, alors que près des deux tiers des étudiants ne les fréquentent même pas. Une situation aggravée, selon la coordination, par la récente décision de fermeture des restaurants, perçue comme une atteinte directe aux droits des étudiants.
Malgré ce contexte tendu, la CESL affirme avoir fait preuve de responsabilité en suspendant son mot d’ordre de grève, dans l’espoir que les engagements pris seraient respectés. Mais, selon Amadou Ba, les autorités ont au contraire aggravé la situation en supprimant les rappels de bourses et en réduisant l’allocation des étudiants de Licence 2 admis par passage conditionnel, passée de 40 000 à 20 000 francs CFA.
La coordination dénonce également ce qu’elle qualifie de « dialogue de façade ». Un atelier annoncé pour le 15 janvier n’aurait eu lieu qu’après une forte pression des étudiants. Présente à la rencontre, la CESL dit avoir été confrontée à des propositions jugées inacceptables, notamment le principe de non-rétroactivité, qui entraînerait la suppression définitive des arriérés de bourses.
« Si une autorité décide d’appliquer une mesure, elle se doit de communiquer clairement », a martelé Amadou Ba, rejetant les accusations selon lesquelles la CESL refuserait le dialogue.
Dans ce climat de méfiance et de colère, les étudiants de l’UGB préviennent : sans réponses concrètes et rapides des autorités sur les bourses, le logement, la restauration et la connectivité, la tension pourrait encore monter sur le campus de Saint-Louis.
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