CAN Maroc 2025 : Cameroun ou l’art de battre le pays organisateur
Deuxième pays le plus titré en Afrique derrière l’Égypte et ses sept trophées, le Cameroun possède une particularité unique sur le continent : toutes ses Coupes d’Afrique des Nations ont été remportées loin de ses bases. Mieux encore, à chaque sacre, les Lions Indomptables ont dû se dresser face au pays hôte, bravant la pression populaire et l’hostilité des stades pour écrire leur légende. Une tradition qui, à l’aube d’affronter le Maroc pour une place en demi-finale, fait trembler plus d’un supporter marocain.
Cette incroyable histoire débute en 1984 en Côte d’Ivoire. Lors de la phase de groupes, la bande à Roger Milla élimine les Éléphants ivoiriens de Youssouf Fofana lors de la dernière journée (2-0). Un succès fondateur qui lance le Cameroun vers son premier titre continental, remporté en finale face au Nigeria (3-1).
Quatre ans plus tard, ironie du sort, la compétition se déroule déjà au Maroc. En demi-finale, les Lions Indomptables croisent la route du pays hôte. Portés par un but décisif de Cyril Makanaky, les Camerounais font tomber les Lions de l’Atlas d’Aziz Bouderballah t Mouhamed Timoumi et filent vers leur deuxième sacre africain en battant le Nigeria (1-0).
En 1992, au Sénégal, le scénario se répète. Même si le Cameroun ne remporte pas le trophée cette année-là, il ruine une nouvelle fois les espoirs du pays organisateur. En quart de finale, les Lions Indomptables éliminent les Lions de la Téranga (1-0) au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, plongeant tout un pays dans la désillusion.
En 1998, au Burkina Faso, le Cameroun frappe encore fort dès le match d’ouverture. Alphonse Tchami inscrit l’unique but de la rencontre face aux Étalons (1-0), gâchant d’entrée la fête du public burkinabè.
Deux ans plus tard, au Nigeria, la génération dorée de Samuel Eto’o, Rigobert Song et Patrick Mboma offre au Cameroun sa troisième étoile. En finale, les Lions Indomptables tiennent tête aux Super Eagles avant de s’imposer aux tirs au but (2-2, tab 4-3), infligeant un nouveau coup dur au pays hôte.
En 2002, au Mali, le Cameroun confirme son incroyable solidité mentale. Avant de battre le Sénégal en finale, les hommes de Winfried Schäfer écartent les Aigles maliens de Mahamadou Diarra en demi-finale (3-0), faisant taire le stade du 26 Mars.
Cinq trophées remportés à l’extérieur, autant de victoires symboliques face aux pays organisateurs : ces statistiques parlent d’elles-mêmes. Le Cameroun a bâti sa réputation sur une force mentale hors norme et une capacité unique à résister à la pression des grands rendez-vous africains.
À quelques heures entre le Cameroun et Maroc, cette histoire particulière ne peut qu’interpeller les supporters des Lions de l’Atlas. Car lorsqu’il s’agit d’affronter le pays hôte, le Cameroun semble toujours savoir comment transformer l’hostilité en source de motivation. Une tradition que les Lions Indomptables rêvent sans doute de prolonger une fois encore.
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