100 000 barils par jour, mais toujours vulnérable : le défi énergétique du Sénégal
Devenu producteur de pétrole avec l’exploitation du champ offshore Sangomar oil field, le Sénégal peine encore à transformer cette avancée en véritable levier économique. « Aujourd’hui, on est à peu près à 100 000 barils, mais ces barils de pétrole qu’on a ne nous appartiennent pas. Nous sommes un partenaire qui partage la production », souligne l’économiste de l’énergie Ibnou Sougoufara, évoquant le partenariat avec Woodside Energy.
Dans ces conditions, le pays reste structurellement dépendant des importations de produits pétroliers. « Si on fait le net, il y aura toujours un manque à gagner énorme. Le Sénégal ne gagne pas en net », précise l’invité de Seneweb Eco de ce dimanche 19 avril 2026.
Cette fragilité est d’autant plus marquée que le marché énergétique mondial est soumis à de fortes tensions géopolitiques. « Le pétrole est un enjeu géostratégique énorme », rappelle l’expert en gestion des risques et géostratégie, citant les rivalités entre les États Unis, la Chine et la Russie.
Les grandes routes d’approvisionnement, comme le Détroit d'Ormuz ou le détroit de Malacca, concentrent à elles seules une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures, renforçant la dépendance des pays producteurs aux équilibres internationaux. « Le monde est en train de prendre un tournant énorme », prévient-il.
Dans ce contexte, la marge de manœuvre du Sénégal repose largement sur sa capacité à attirer et maintenir les investissements étrangers. Or, selon l’expert, le climat de confiance reste déterminant. « Les compagnies pétrolières n’aiment pas ça », dit-il à propos des discours jugés hostiles autour de la fiscalité ou de la renégociation des contrats. « Quand tu donnes un futur qui est sombre, la compagnie pétrolière peut voir tes intentions ».
Pour lui, l’enjeu est « d’intégrer les circuits énergétiques mondiaux, et essayer de se vendre ».
Au-delà des gains immédiats, Ibnou Sougoufara appelle à privilégier une vision de long terme. « Il faut différer la gratification, faire en sorte d’aller à 200 000, à 300 000 barils », explique-t-il, plaidant pour une montée en puissance progressive de la production.
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