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Mandina Mancagne : les habitants encore obsédés par les événements d’août 1997

Auteur: APS

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Les habitants de Mandina Mancagne, une localité située à 3km de Ziguinchor (Sud), gardent encore en mémoire le massacre de 25 soldats sénégalais et leur propre déplacement à Tiléne, un quartier de la capitale Sud, 15 ans après ces douloureux événements.

‘’Le nom de Mandina Mancagne fait peur à chaque Sénégalais, parce qu’il évoque la mort de 25 soldats’’, indique le directeur de l’école primaire du village, Saoundan Sambou.’’Cette peur ne se justifie pas d’autant plus qu’il y a une sécurité, parce que les militaires sont déployés en profondeur vers la frontière avec la Guinée-Bissau. C’est le village le plus proche de la commune de Ziguinchor’’, a-t-il toutefois rassuré.‘’C’est gênant et triste. Quand les médias parlent du village de Mandina Mancagne, c’est pour rappeler la mort de 25 soldats. Nous sommes traumatisés de cette étiquette qu’on colle à notre localité’’, se désole Edouard Mané, un natif de Mandina Mancagne. Le village de Mandina Mancagne avait subi l'attaque d'une bande armée, deux semaines avant le massacre des soldats. Les populations durent alors s’enfuirent pour se réfugier à Ziguinchor, abandonnant leurs maisons et leurs rizières.‘’C’était un 3 août 1997. Vers 6h du matin, nous avons entendu des coups de feu. Nous ne pouvions pas sortir pour préparer nos repas. C’est par la suite que nous avons pris la décision de quitter le village pour nous réfugier à Ziguinchor ‘’, a rappelé Edouard Diatta.M. Mané, un agent sanitaire servant à l’Hôpital Silence de Ziguinchor, fait partie des villageois qui avaient pris la décision de retourner dans le village, en 2003, en reconstruisant leurs maisons détruites grâce à l’appui des Organisations non gouvernementales (ONG) telles que l’USAID.‘’Les réfugiés vivaient dans des conditions très difficiles à Ziguinchor. Beaucoup de personnes âgées sont décédées à cause du stress. Nous étions obligés de supporter tous les propos malveillants des familles d’accueil’’, a-t-il expliqué.Françoise Boissy, la quarantaine, garde un très mauvais souvenir du déplacement des populations au quartier Tiléne de Ziguinchor. ‘’C’était un calvaire. J’ai pris la fuite avec un seul pagne avec lequel je dois aussi porter mon enfant. On se nourrissait difficilement. Nous n’avions pas les moyens pour nous payer du poisson’’, a-t-elle raconté.Tous les villageois ne sont pas revenus à Mandina Mancagne, même si le problème de sécurité ne se pose plus dans la localité. Le village retrouve son calme d’antan, mais la psychose demeure à cause de la présence de mines.‘’Nous ne plus avoir accès à nos plantations. Nous sommes obligées de cultiver aux alentours des maisons. Nous ne pouvons pas nous aventurer dans la forêt en raison de la présence des mines. Nous ne nous sentons pas en sécurité’’, déclare Félicité Mamy. ‘’La majorité des chefs de famille sont des femmes à cause de la crise. Les hommes sont tous partis, d’autres sont morts. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Les hommes qui sont restés au village, sont des vieillards. Ils ne peuvent rien faire’’, dit-elle. Le village est dépourvu de poste de santé et les infrastructures routières sont inexistantes. Félicité Mamy, âgée de trente ans, raconte qu’elle a failli perdre son bébé lors de son accouchement en raison du mauvais état de la route Mandina Mancagne-Ziguinchor.‘’J’étais obligée de marcher jusqu’au boulevard des 54 m pour avoir un véhicule. Les taximen ont peur de s’aventurer jusqu’à Mandina Mancagne à cause de l’insécurité’’, explique-t-elle.‘’Nous réclamons la construction d’une case de santé et la route. Nous serions vraiment en sécurité, si on nous construisait ces infrastructures. Mais ce ne serait pas suffisant, parce qu’il y a beaucoup de choses à faire Mandina Mancagne’’, fait-elle observer.

Auteur: APS
Publié le: Dimanche 05 Août 2012

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