Calendar icon
Sunday 17 May, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Rawane Mbaye : ’’ il y a une crise de compétence chez les politiques et certains chefs religieux ’’

Auteur: Nettali

image

Dakar, 25 avr (APS) – Le professeur Rawane Mbaye a fait état, jeudi dans un entretien à l’APS, d’une ’’crise de compétence’’, notamment chez les politiques et certains chefs religieux, pour expliquer les difficultés qu’ils rencontrent pour régler les différends entre Sénégalais.

’’Nous vivons dans une société qui est quelque peu hybridée, il faut le dire. Il y a un mélange terrible qui fait que quand certains différends se font jour, il devient un peu difficile de les résoudre sans laisser des traces qui survivent par la suite. Parce qu’il y a un mélange terrible entre le politique, le religieux, le social. Tout est imbriqué’’, a indiqué M. Mbaye interpellé sur l’implication de plus en plus sollicitée et remarquée de religieux dans les médiations.

Il a précisé que c’est cette imbrication qui fait que ‘’le politique, à y regarder de près, monte sur la chaire du religieux quand il y a une manifestation religieuse. Tout ce que l’on dit sur la religion c’est le politique qui monte sur la chaire pour le dire. Le religieux s’étant aperçu que ce qu’il devait dire a été dit par quelqu’un d’autre, il parle d’autre chose’’.

Cela ne facilite pas les choses, a poursuivi le chercheur qui a présenté récemment à Dakar ’’Khilâsou Dhahab’’ (éditions Beni Shassen – 230 pages), un des ouvrages majeurs de El Hadj Malick Sy qu’il qualifie de ’’chef d’œuvre’’ du guide religieux.

’’Le religieux devrait être un religieux essentiellement, le politique demeurer un politique essentiellement. Chacun sur son ‘’And’’ (territoire)’’, a dit le professeur Rawane Mbaye, estimant qu’à ce moment-là, ‘’il peut y avoir une collaboration et des relations qui sont établies entre les différentes couches sociales que voilà et qui constituent les leviers d’une société’’.

Il faut, selon lui, que le politique sache qu’il a des responsabilités d’ordre politique, qui reposent sur ses épaules et que la recherche de solutions lui incombe au premier chef.

Rawane Mbaye a dit que sur un autre plan, le religieux également devrait se sentir le même rôle et assumer ses responsabilités pour régler les problèmes d’ordre essentiellement religieux qui lui incombent et auxquels lui seul peut trouver des solutions.

’’Alors si tel était le cas, analyse M. Mbaye, le problème serait résolu et il n’y aurait pas de crise de compétence. C’est parce que chacun fait ce que l’autre devait faire sans pourvoir le faire comme il le fallait qu’il y a une crise de compétence.’’

Il a ajouté : ‘’chacun devient un touche-à-tout : vous verrez un politique qui ne parle pas de politique essentiellement parce que peut-être il ne s’y connaît pas tellement bien. Il s’essaye en religion et amalgame en disant des choses’’. ‘’Ce qui fait que tout le monde peut être un politique, tout le monde peut être un religieux parce que ça se traduit par l’affaiblissement du niveau des compétences, du niveau des interventions. Et chacun estime qu’il peut faire tout.’’

’’Ça ne résout pas les problèmes. C’est ça qui fait que quand on est touche-à-tout, on n’est capable de rien du tout. Nous vivons une société de cet ordre-là’’, souligne l’ancien commissaire général au pèlerinage à la Mecque.

Selon lui, c’est ce qui explique que les grands hommes politiques et grandes figures religieuses d’une époque plus ou moins récentes sont regrettées et réclamées par leurs compatriotes.

’’Très souvent, dans la rue, on entend dire : +si El Hadji Abdou Aziz Sy – ancien khalife général des tidianes (1957-1997) était là !+. Là c’est une note de détresse. C’est comme si nous vivions un vide’’, a expliqué Rawane Mbaye, par ailleurs imam de la mosquée de la rue Blanchot (centre ville)

’’Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de grandes figures connaissant l’islam, se conduisant de la manière la plus orthodoxe possible’’, estime le chercheur qui explique que ce sont les interférences qui viennent leur confisquer leur rôle pour essayer de les ‘’galvauder’’.

Pour Rawane Mbaye, cette situation a pour conséquence de pousser les autorités religieuses à ‘’se recroqueviller, à rester dans leur coin et à vivre leur religion’’ au lieu de s’immiscer dans des médiations.

L’imam a dit qu’il appartient à ‘’toutes les bonnes volontés’’ de travailler à la clarification des rôles. ‘’Il incombe à tout homme de bonne volonté. Lorsqu’on vit une crise de conscience, tout le monde est interpellé par la Charia.’’

Auteur: Nettali
Publié le: Vendredi 25 Avril 2008

Commentaires (0)

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.