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FINALE 46e EDITION COUPE DU SENEGAL - Us Ouakam / Mediour (17h, Stade Demba Diop) : Un après-midi en famille

Auteur: Bocar SAKHO

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Dans ce présent stressé où l’instinct de survie tord les plus retors, où l’on marche allègrement sur l’individu, «Dame Coupe» reste une sacrée victoire dans le culte de la personnalité. Le temps n’a pas poli son caractère volage.

Le temps n’a pas usé son goût du vagabondage sentimental, au point de lui faire rendre les armes de sa séduction légendaire. Il n’a fatigué ni ses envies adultérines, ni ses passions frivoles. Ni le charme indéfectible qu’elle tire de son infidélité applaudie.

Il se mêle, dans l’insubmersible effet de sa joyeuse inconstance matrimoniale, un peu d’une culture rationnelle, quelque chose d’une nature irrationnelle et une habitude sensationnelle de dribbler son monde qui rappelle l’invraisemblable. Une mystique insondable qui force sa légende et attise les fantasmes collectifs. On la soupçonnait d’avoir été domptée par le confort d’un mariage contre-nature avec l’As Douanes, avec laquelle elle est restée en couple une éternité (4 ans !), mais elle a trouvé les ressorts nécessaires pour subjuguer ses insatiables soupirants et épater, une énième fois, la galerie.

Car «Dame coupe» aura beau s’étonner que l’on s’étonne encore de ses impénétrables choix de cœur, son casting final 2005-2006 a renvoyé tous les oracles du jeu se rhabiller. Us Ouakam-Médiour en finale de la 46e édition de la Coupe du Sénégal : il n’y avait qu’elle pour nous la faire. Un instable club de D1 à la recherche de sa gloire passée. Une obscure formation de D2 à la remorque du football rufisquois. Un semblant de David. Un curieux Goliath. En somme, une belle invitation, cet après-midi, à une très attendue fête de famille léboue.

Demba Diop, sevré de finale depuis 2000 (Port-Saloum : 4-0) et longtemps prostré dans la nostalgie d’un temps écoulé et perdu, retrouve donc une fête du football qui lui avait tourné le dos ces dernières années dans un mépris aussi plouc qu’un coup de pied dans la balle. Mais le temple des jouissances collectives d’hier et d’avant-hier garde, pour ce jour de retrouvailles, l’entraînant espoir d’une fièvre sociale qui viendra renflouer un crédit populaire ruiné par des finales successives qui ne donnent aucune envie de se retourner. La chaleur de ses 25 000 places, la beauté artificielle de son verdoyant synthétique et la furie passionnelle qui escorte Ouakamois et Rufisquois nourrissent l’attente d’un après-midi de «folie l’éboue» qui changera enfin des simulacres d’affiche d’un Léopold Senghor glacial et désert. D’une après-midi qui reliera enfin le passé au présent.

Auteur: Bocar SAKHO
Publié le: Samedi 29 Juillet 2006

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